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La Cour d’appel de Hong Kong a rejeté ce lundi les pourvois déposés par des militants pro-démocratie impliqués dans l’affaire dite des « Hong Kong 47 », confirmant ainsi des condamnations et des peines prononcées en 2024. Le jugement met un terme à une série d’appels visant à annuler à la fois les condamnations et les peines liées à une primaire non officielle organisée par le camp pro-démocratie.
Appels et peines confirmés
Onze des activistes qui avaient interjeté appel ont vu leur recours rejeté lors de l’audience. En 2024, quarante-cinq prévenus avaient été condamnés à des peines allant de quatre à dix ans de prison, des condamnations qui ont suscité des critiques de la part de gouvernements étrangers et d’organisations de défense des droits humains.
Parmi les appelants déboutés figurent d’anciens députés et personnalités connues de la scène pro-démocratie, notamment Leung Kwok-hung, Lam Cheuk-ting, Raymond Chan et Helena Wong, ainsi qu’anciennes figures médiatiques comme Gwyneth Ho. Tous les recours visant à modifier les peines ont également été rejetés.
En revanche, la Cour d’appel a confirmé l’acquittement de Lawrence Lau, ancien conseiller de district pro-démocratie, après un recours de l’accusation.
Origines de l’affaire Hong Kong 47
L’affaire trouve son origine dans le contexte des vastes manifestations pro-démocratie de 2019 qui ont profondément marqué la ville. En juin 2020, Pékin a promulgué une loi sur la sécurité nationale qui a fortement réduit l’espace de contestation politique à Hong Kong.
En juillet 2020, le camp pro-démocratie avait organisé une primaire non officielle afin de sélectionner des candidats pour les élections législatives à venir. Les organisateurs expliquaient vouloir maximiser leurs chances d’obtenir une majorité au Conseil législatif, notamment pour utiliser le veto budgétaire comme levier politique.
Le scrutin informel avait attiré un nombre record d’électeurs, et quelques mois plus tard, les autorités avaient procédé à des arrestations massives visant les figures impliquées dans l’organisation de cette primaire.
Les enjeux juridiques débattus
Lors du procès, les parquets ont soutenu que les accusés avaient cherché à paralyser le gouvernement de Hong Kong et à contraindre le chef de l’exécutif à démissionner, qualifiant l’organisation de la primaire de complot subversif. En 2024, les juges avaient estimé que le plan hypothétique des activistes aurait érodé l’autorité du gouvernement et provoqué une crise constitutionnelle.
De leur côté, les avocats de la défense avaient plaidé que le droit de veto budgétaire constitue un « contre-pouvoir » inscrit dans la mini-constitution hongkongaise, et que l’exercice de ce droit par des législateurs élus relève d’un mécanisme démocratique normal. Défenseurs et accusateurs ont longuement débattu de cette tension entre pratiques parlementaires et sécurité nationale.
Plusieurs des personnes condamnées ont déjà passé près de cinq ans en détention depuis les premières arrestations. Par ailleurs, dix-huit autres prévenus qui n’avaient pas contesté leur condamnation ont été libérés le mois dernier après avoir purgé leur peine.
Contexte international et état des libertés à Hong Kong
Les décisions de justice liées à l’affaire Hong Kong 47 continuent d’alimenter l’inquiétude internationale sur l’érosion des libertés politiques et de la liberté de la presse dans la ville. Les peines prononcées ont été vivement critiquées par des organisations de défense des droits et par plusieurs gouvernements étrangers.
Plus récemment, un tribunal hongkongais a condamné le magnat des médias pro-démocratie Jimmy Lai à vingt ans de réclusion pour des chefs liés à la sécurité nationale, une peine qualifiée par des groupes de médias et de défense des droits humains de « cruelle et profondément injuste ». Ces affaires s’inscrivent dans un contexte plus large de restrictions accrues des libertés publiques à Hong Kong.