Les chiffres de l’immigration en France pour 2025, publiés ce mardi par le ministère de l’Intérieur, montrent une dualité marquante entre les flux et le cadre réglementaire. Alors que le nombre de premiers titres de séjour augmente, le recours à des régularisations est en retrait, dans un contexte marqué par une circulaire restrictive. Le bilan, basé sur les données de la Direction générale des étrangers en France (DGEF), met aussi en évidence une évolution des demandes d’asile et des dynamiques de l’emploi et des visas pour les courts séjours. Ces tendances interviennent dans un débat public qui s’accentue à l’approche des échéances à venir autour de l’immigration en France.

Titres de séjour et régularisations en 2025
En 2025, la France a délivré 384 230 premiers titres de séjour, en hausse de 11 % par rapport à 2024, selon la Direction générale des étrangers en France (DGEF). Le nombre total de titres de séjour valides atteint 4,47 millions au 31 décembre 2025, soit une hausse de 3,2 % sur un an. Le total des régularisations s’établit à 28 610 étrangers, en recul de 10 % sur l’année. Ces évolutions reflètent une dynamique où les motifs économiques baissent, et où les motifs étudiants et humanitaires restent prépondérants, avec notamment 118 000 titres étudiants et 92 600 titres humanitaires, en hausse de 65 % pour ces derniers.
« Il y a l’impact de la circulaire Retailleau qui visait à rappeler le caractère exceptionnel » de ces régularisations et à en « durcir les conditions », a expliqué M. Mordant, responsable du département statistique de la DGEF. La durée recommandée pour délivrer une carte de séjour à un travailleur sans-papiers a été allongée à sept ans de présence en France, contre cinq auparavant, et parfois trois ans dans certaines situations. En parallèle, les premiers titres de séjour pour des demandeurs venus du Maroc et d’Algérie restent prépondérants, avec respectivement 36 100 et 28 000 dossiers.
Asile, visas et nationalités: un panorama contrasté
Du côté de l’asile, 151 665 demandes ont été enregistrées en 2025, soit une baisse de 3,7 % et une orientation à la baisse pour la deuxième année consécutive, selon la DGEF. Les demandeurs viennent en tête d’Ukraine, de la République démocratique du Congo et de l’Afghanistan, chacun autour de 11 500 demandes, suivis d’Haïti, du Soudan et de la Guinée. Le taux d’accord atteint 52 %, soit une progression notable par rapport à il y a quelques années où le chiffre tournait autour de 40 %. Sur les visas, la DGEF évoque une hausse plus atténuée que les années précédentes, avec +1,1 % de demandes et +3,5 % de délivrations; les visas touristiques progresseraient de +6 %, signe de l’attractivité de la France, tandis que les visas économiques reculent d’environ 4,4 %.
Concernant les flux et les voies d’accès, 62 235 personnes ont acquis la nationalité française, en baisse de 6,8 % après une année jugée « assez élevée ». Cette diminution est liée à une baisse de 13,5 % des acquisitions par décret, et à une proportion plus élevée d’acquisitions par les autres voies. Six sur dix de ces nouveaux Français viennent d’Afrique, notamment des pays du Maghreb, avec une présence plus modeste de l’Afrique subsaharienne.