L’Iran a rejeté la proposition de trêve transmise par Washington par l’intermédiaire de médiateurs régionaux, affirmant qu’il ne veut pas d’un simple cessez-le-feu temporaire, mais la fin définitive de la guerre contre les États-Unis et Israël. À Téhéran, les autorités assurent vouloir poursuivre leur défense « globale » de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a estimé que les menaces américaines visant les infrastructures iraniennes relevaient d’un crime de guerre et d’un acte de génocide. Dans le même temps, les responsables iraniens présentent leur réponse comme un message politique clair : l’arrêt des hostilités ne saurait se limiter à une pause de quelques semaines.
Selon l’agence officielle Irna, l’Iran a fait parvenir sa réponse au Pakistan, qui joue le rôle de médiateur régional, en insistant sur plusieurs conditions, dont la levée des sanctions et la mise en place d’un protocole garantissant la circulation sécurisée dans le détroit d’Ormuz. Le texte iranien, composé de dix points, réclame également un arrêt durable du conflit.
Un source iranienne citée par l’agence Fars affirme par ailleurs que l’arsenal balistique du pays reste important et que les forces iraniennes continuent leurs opérations quotidiennes, notamment par des tirs de missiles et de drones. Cette démonstration de force s’inscrit dans un contexte de tension maximale avec Washington et Tel-Aviv.
Une trêve de 45 jours au cœur des discussions
En parallèle, plusieurs médias ont rapporté qu’une proposition de cessez-le-feu de 45 jours entre les États-Unis et l’Iran circulait actuellement via des canaux diplomatiques. D’après ces informations, cette initiative viserait à gagner du temps pour tenter de trouver une issue plus durable au conflit.
Le site Axios a indiqué, citant un responsable de la Maison Blanche, que cette option ne constituait qu’une idée parmi d’autres actuellement examinées et qu’elle n’avait pas encore reçu l’approbation de Donald Trump. Le président américain pourrait toutefois détailler davantage la position de son administration lors d’une conférence de presse attendue dans la soirée.
De son côté, Associated Press a rapporté que des médiateurs venus d’Égypte, du Pakistan et de Turquie auraient transmis une proposition similaire aux deux camps, avec pour objectif un cessez-le-feu temporaire et la réouverture du détroit d’Ormuz. L’enjeu serait de créer une fenêtre diplomatique avant une nouvelle escalade militaire.
Washington durcit le ton, Israël maintient la pression
Donald Trump, de son côté, a menacé de prendre des mesures sévères si l’Iran ne parvenait pas à un accord permettant de rouvrir le détroit d’Ormuz avant une échéance fixée. Ce passage stratégique reste au centre des inquiétudes, tant pour la sécurité régionale que pour les flux énergétiques mondiaux.
Israël, pour sa part, continue de promettre la destruction des infrastructures iraniennes et la traque de ses dirigeants « un par un ». Les frappes aériennes visant des installations énergétiques et pétrochimiques se poursuivent, alimentant la crainte d’un élargissement du conflit.
Dans ce climat de confrontation ouverte, les autorités iraniennes disent ne voir aucune raison d’accepter un arrêt provisoire des combats sans garanties politiques plus larges. Pour Téhéran, la priorité reste une fin complète de la guerre, assortie d’engagements concrets sur les sanctions et la sécurité maritime.
Le bras de fer s’intensifie
Selon des évaluations citées dans la presse régionale, le commandement iranien ne semble pas disposé à faire de concessions dans un éventuel accord. Le général Ahmad Vahidi, présenté comme une figure clé du dispositif sécuritaire iranien, serait convaincu que son pays peut l’emporter dans l’affrontement actuel.
Ces mêmes sources évoquent un stock important de missiles balistiques et de drones, que l’Iran considérerait comme un élément central de sa stratégie de dissuasion. Les responsables militaires multiplient ainsi les déclarations destinées à montrer que le pays est prêt à prolonger le conflit si nécessaire.
Le porte-parole de l’armée iranienne, Mohammad Akrami Nia, a lui aussi affirmé que les combats se poursuivraient jusqu’à ce que l’ennemi « regrette » ses actions, afin d’empêcher de futures attaques. Il a ajouté, selon Fars, que les États-Unis et Israël n’avaient pas atteint leurs objectifs militaires contre l’Iran.
Alors que les médiateurs tentent encore de préserver une voie de sortie, les positions restent donc très éloignées. Entre l’exigence iranienne d’une fin durable de la guerre, les pressions américaines et la stratégie offensive d’Israël, la perspective d’un compromis rapide semble, à ce stade, encore fragile.