Après une session de pourparlers vendredi à Oman, la première depuis la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, les États‑Unis et l’Iran ont affirmé vouloir poursuivre leurs discussions. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s’est toutefois interrogé dimanche sur le sérieux des États‑Unis à mener de véritables négociations. L’Iran a indiqué qu’il évaluerait l’ensemble des signaux et déciderait de la poursuite des pourparlers lors d’une conférence de presse.
Téhéran martèle qu’il ne veut discuter que de son programme nucléaire et être en droit de développer un volet civil. Les États‑Unis exigent eux un accord plus large, incluant la limitation des capacités balistiques du pays et l’arrêt de son soutien à des groupes armés hostiles à Israël.
Sur le volet des sanctions, l’Iran a évoqué la possibilité de mesures de confiance liées au nucléaire en échange d’une levée des sanctions internationales qui étranglent son économie. Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a déclaré que l’immense arsenal balistique que cherche à produire le régime iranien met Israël en danger. Abbas Araghchi a réaffirmé que l’Iran ne céderait pas à la demande de renoncer à l’enrichissement, même en cas de guerre. Il a ajouté qu’il serait possible d’envisager des mesures de confiance sur le nucléaire en contrepartie d’une levée des sanctions.
Par ailleurs, quelques semaines après la répression sanglante des manifestations, trois personnalités du camp réformateur ont été arrêtées dimanche selon l’agence Fars. Parmi elles figure Azar Mansouri, cheffe du Front des réformateurs, principale coalition des réformateurs. Les personnes arrêtées ont notamment été accusées d’atteinte à l’unité nationale et de coordination avec la propagande ennemie. Une autre affaire concerne Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix en 2023, qui a été condamnée à six ans de prison après son arrestation en décembre, peu avant le mouvement de contestation. Selon son avocat Mostafa Nili, elle a été condamnée pour rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes et on lui a interdit de quitter le pays pendant deux ans. La militante des droits humains a été condamnée dans une autre affaire à un an et demi de prison pour activités de propagande. Selon la loi iranienne, les peines de prison ne sont pas cumulables. Des informations indiquent que son état physique est profondément inquiétant et que sa fondation a précisé qu’elle avait interrompu une grève de la faim de six jours.