Jour 25 de la guerre US‑Israël contre l’Iran : les tensions se sont encore accentuées mardi, entre allégations de pourparlers, frappes repoussées et nouvelles attaques aériennes et de missiles. Alors que Washington a évoqué des discussions avec Téhéran, les autorités iraniennes ont vigoureusement démenti, au moment où le détroit d’Hormuz reste bloqué et que les marchés de l’énergie subissent de fortes perturbations.
À Téhéran
Le président américain Donald Trump a affirmé que des discussions avec l’Iran étaient en cours en vue d’un accord plus large, signalant que « l’Iran veut en venir ». Immédiatement, les responsables iraniens, dont des représentants des Gardiens de la révolution et des dirigeants parlementaires, ont qualifié ces déclarations de « fausses nouvelles » et de « grand mensonge ».
Selon Téhéran, ces allégations seraient une manœuvre américaine pour gagner du temps au moment où Washington renforce sa présence militaire dans la région. En parallèle, Trump a ordonné le report de frappes prévues sur des infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours.
Malgré la pression internationale et les conséquences économiques dans plusieurs pays asiatiques, l’Iran maintient son contrôle sur le détroit d’Hormuz, a réaffirmé son ministre des Affaires étrangères. Sur le plan intérieur, des rassemblements pro‑gouvernementaux ont eu lieu malgré les intempéries et la menace d’escalade, illustrant la mobilisation populaire autour du discours de défi.
Sur le plan diplomatique, le Premier ministre pakistanais a déclaré avoir parlé avec le président iranien pour évoquer « la grave situation dans le Golfe » et a assuré que le Pakistan cherchait à jouer un rôle constructif pour faire avancer la paix.
Dans le Golfe
Les pays du Golfe ont rapporté de multiples interceptions de drones et de missiles au cours des dernières 24 heures. Le Koweït a déclenché ses alarmes à plusieurs reprises, ses défenses aériennes répondant à des menaces entrantes identifiées comme répétées.
L’Arabie saoudite a intercepté une vingtaine de drones dirigés vers sa province orientale, une région cruciale pour la production d’hydrocarbures. De son côté, Bahreïn a fait état d’alertes fréquentes et d’une vigilance accrue sur son territoire.
Face à ces menaces, plusieurs voix dans la région appellent au dialogue et à la désescalade. Le Royaume‑Uni a annoncé l’envoi de systèmes de défense aérienne à courte portée pour renforcer la protection des pays du Golfe contre les attaques de missiles.
Aux États‑Unis
À Washington, la Maison Blanche a tenté de freiner les spéculations sur un accord imminent en précisant que la situation restait « fluide » et que toute annonce officielle dépendrait de confirmations ultérieures. La porte‑parole a demandé de ne pas interpréter des discussions comme un accord final tant qu’elles n’étaient pas formalisées.
Par ailleurs, le Pentagone a décidé de déplacer ses bureaux de presse hors du couloir des correspondants, une mesure prise après des contestations judiciaires autour de nouvelles règles d’accréditation des journalistes. Enfin, l’ambassade des États‑Unis en Mauritanie a élevé son niveau d’alerte suite à une menace récente liée à des attentats.
En Israël
Les forces israéliennes ont indiqué avoir été visées par une nouvelle salve de missiles en provenance d’Iran, visant principalement le nord du pays. Les systèmes de défense israéliens ont été mobilisés pour intercepter ces menaces.
Les autorités militaires ont reconnu un dysfonctionnement dans le système d’interception « David’s Sling », qui a permis à deux missiles balistiques iraniens d’atteindre le sud d’Israël et de faire plusieurs dizaines de blessés le week‑end précédent. Le Premier ministre israélien a affirmé avoir échangé avec le président américain, qui verrait dans les gains militaires sur le terrain une possible base pour une négociation protégeant les intérêts israéliens.
Liban, Irak et Syrie
Au Liban, la situation s’est aggravée avec des frappes israéliennes dans la banlieue sud de Beyrouth, ciblant ce que l’armée a qualifié d’infrastructures liées au Hezbollah. Des avertissements d’évacuation ont précédé certaines missions, mais la destruction d’infrastructures essentielles complique l’acheminement de l’aide aux civils déplacés.
En Syrie, l’armée a rapporté qu’une base dans le nord‑est avait été touchée par un missile provenant d’Irak, attaque attribuée à un groupe armé local selon des responsables irakiens. En Irak, les États‑Unis ont mené une frappe dans la province d’Al Anbar visant le quartier général d’un groupe soutenu par l’Iran, dans le but d’éliminer un chef local.
Des correspondants sur place décrivent l’Irak comme un théâtre secondaire du conflit, où frappes ciblées et contre‑attaques alimentent un cycle qui laisse la population civile prise entre deux feux.
Pétrole, marchés et détroit d’Hormuz
La fermeture du détroit d’Hormuz a des répercussions majeures sur le commerce énergétique mondial. La Corée du Sud, qui importe plus de 70 % de son pétrole du Moyen‑Orient, subit des perturbations si sévères que le Premier ministre a annulé un déplacement pour gérer la crise économique intérieure.
Le Japon est également extrêmement vulnérable : près de 95 % de son approvisionnement pétrolier transite par Hormuz. La direction d’une grande compagnie pétrolière des Émirats a qualifié le blocage du détroit d’« acte d’économie terroriste » affectant tous les pays importateurs.
En conséquence, les prix du pétrole restent fortement soutenus, amplifiant les tensions politiques et sociales dans de nombreux pays dépendants des importations d’énergie. Les acteurs économiques et les gouvernements cherchent des solutions pour atténuer l’impact à court terme, tandis que la navigation commerciale continue d’être entravée.
Éléments à suivre
- L’évolution des prétendues discussions entre Washington et Téhéran, et la vérification de toute annonce officielle.
- La durée du blocage du détroit d’Hormuz et ses conséquences sur les marchés énergétiques mondiaux.
- Le déroulement des opérations militaires au Liban, en Irak et en Syrie, et l’impact humanitaire sur les populations civiles.
- La capacité des défenses aériennes régionales et internationales à contenir les attaques de drones et de missiles.