Au fil des millions de documents dévoilés par la justice américaine, fin janvier, les révélations autour de l’affaire Epstein s’élargissent au-delà du scandale sexuel et évoquent des liens potentiels avec le pouvoir russe. Le rôle attribué à des intermédiaires liés à Moscou et les enjeux autour d’un homme dont l’entourage est décrit comme mouvant alimentent les interrogations des enquêteurs et du public. Dans ce contexte, l’attention se porte aussi sur Robert Maxwell, père de Ghislaine Maxwell, figure centrale des réseaux qui entourent l’affaire et sur le mystère qui pèse sur son passé d’intermédiaire entre plusieurs mondes.
Les documents publiés par le Département américain de la Justice le 30 janvier montrent que Jeffrey Epstein aurait agi comme médiateur pour des représentants de l’élite russe entre 2011 et 2019. Ces échanges portaient sur des transactions immobilières et des montages financiers offshore. Bien que ces éléments n’établissent pas qu’il était un agent, ils renforcent les soupçons selon lesquels il pouvait bénéficier d’une certaine impunité et jouer un rôle facilitateur pour Moscou, notamment dans le contexte de sanctions qu’il pouvait aider à contourner.
Des liens avec des proches du président russe Vladimir Poutine apparaissent aussi dans ces feuilles de route documentaires, et certaines informations évoquent des passerelles entre Epstein et des figures de l’univers Trump, y compris des interactions avec des acteurs de la Silicon Valley. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a d’ailleurs demandé début février une enquête sur d’éventuels liens entre Epstein et la Russie.
Le contexte est complété par le cas Robert Maxwell, figure longtemps associée à des réseaux d’influence entre les services britannique et soviétiques. Père de Ghislaine Maxwell, cet ancien magnat de la presse a dirigé une maison d’édition qui publiait des textes de dirigeants de l’URSS.
On ne peut dire aujourd’hui si Epstein s’est inspiré de ce modèle; aucune preuve ne liant formellement Epstein à une opération de manipulation orchestrée par Moscou.
Ghislaine Maxwell a été condamnée en 2022 à vingt ans de prison et demeure dans l’espoir d’une grâce présidentielle que certains estiment que Donald Trump pourrait accorder. L’affaire Epstein demeure entourée d’hypothèses et d’interrogations sans confirmation officielle.