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Les élites russes, notamment issues des secteurs économique, militaire et politique, commencent à exprimer leur mécontentement face aux conséquences de la guerre en Ukraine. Après presque trois ans de conflit, l’inquiétude grandit au sein du régime de Vladimir Poutine, alors que les résultats obtenus ne semblent pas à la hauteur des pertes subies.
Pression pour une mobilisation totale
Selon des sources anonymes rapportées par la revue *Meduza*, il existe une pression croissante sur le Kremlin pour qu’il ordonne une mobilisation totale. Cela permettrait à la Russie d’intensifier ses efforts militaires en Ukraine. Malgré l’optimisme affiché par Poutine lors de sa conférence de presse de fin d’année, les avancées russes restent limitées à des zones rurales, entraînant un nombre de pertes humaines inacceptable. Le ministère de la Défense britannique estime que la Russie a perdu en moyenne plus de 1 500 soldats par jour, entre morts et blessés, au cours des trois derniers mois.

Les défis opérationnels de l’armée russe
La situation sur le terrain se complique davantage. Depuis la chute de Vuhledar en octobre 2022, la Russie peine à s’emparer de nouveaux centres urbains. La frustration monte parmi les proches de Poutine, qui commencent à remettre en cause sa stratégie. Le Kremlin, soucieux de garder une image positive à l’international et de ne pas alarmer la population, a longtemps évité d’utiliser des termes comme « guerre », préférant l’expression « opération militaire spéciale ».
Alors que des jeunes ont pu quitter le pays, le recrutement reste faible dans les grandes villes comme Moscou et Saint-Pétersbourg. Poutine semble vouloir l’Ukraine sans en assumer les conséquences, ce qui crée une situation où les pertes s’accumulent sur le champ de bataille.
Une mobilisation inefficace?
Les experts comme ceux de l’Institute for the Study of War remettent en question l’efficacité d’une mobilisation. Ils estiment que le problème principal de la Russie ne réside pas dans le nombre de soldats, mais dans leur capacité à manœuvrer efficacement. La mobilité des blindés et l’exploitation des avantages tactiques sont devenues des défis majeurs pour l’armée russe, qui doit faire face à une armée ukrainienne bien préparée.
Difficultés économiques et militaires
Sur le front économique, la Russie hésite à embrasser pleinement une économie de guerre, ce qui se traduit par une inflation élevée et une croissance du PIB minimale. Des sources affirment qu’il serait plus judicieux de mettre fin à la guerre rapidement, mais avec une victoire plutôt qu’une négociation. Cependant, il ne semble pas que le Kremlin ait une vision claire de l’avenir de la Russie, que ce soit en cas de victoire ou de défaite.

Les enjeux de la négociation
La position de Poutine face à une solution négociée reste floue, même avec le soutien potentiel de Donald Trump. Une méfiance profondément enracinée envers les États-Unis persiste en Russie, rendant toute forme de coopération difficile. En dépit des déclarations de Poutine et Trump sur une éventuelle rencontre, les modalités d’une telle coopération ne sont pas claires. Le Kremlin souhaite annexer des régions comme la Crimée et Donetsk, ce qui complique davantage la situation.
Réactions internationales
Le président ukrainien, Volodimir Zelenski, a récemment rencontré ses alliés au sein du « groupe de contact de Ramstein » en Allemagne. Il a souligné l’importance de continuer le soutien à l’Ukraine pour résister aux ambitions impérialistes de Poutine. Zelenski a exprimé son inquiétude quant à un éventuel retournement de situation en faveur de la Russie si l’aide s’arrêtait prématurément.