Accueil ActualitéLes États-Unis autorisent la revente de pétrole vénézuélien à Cuba

Les États-Unis autorisent la revente de pétrole vénézuélien à Cuba

par Sara

Les États-Unis ont annoncé qu’ils autoriseront la revente de certains volumes de pétrole vénézuélien à Cuba, une mesure destinée à atténuer les pénuries aiguës de carburant qui frappent l’île. L’administration américaine précise que ces autorisations viseront des usages « commerciaux et humanitaires » tout en excluant certaines entités liées aux forces armées et aux services de renseignement cubains.

La décision américaine

Dans une déclaration, le ministère du Trésor a présenté une nouvelle « politique favorable de délivrance de licences » permettant à des entreprises de solliciter l’autorisation de revendre du pétrole vénézuélien à Cuba. Toutefois, la mesure exclut explicitement « les personnes ou entités associées aux militaires, aux services de renseignement ou à d’autres institutions gouvernementales cubaines ».

Selon Washington, cette ouverture vise à permettre des livraisons à des fins civiles et humanitaires, tout en maintenant des garde-fous pour empêcher un transfert direct vers des structures contrôlées par l’État cubain.

Impact sur l’approvisionnement à Cuba

Le Venezuela a été le principal fournisseur de pétrole et de carburant de Cuba depuis un quart de siècle, via un accord bilatéral souvent basé sur l’échange de produits et de services. Or, les livraisons se sont interrompues récemment, en lien avec des mesures prises par Washington affectant les exportations pétrolières vénézuéliennes.

La suspension, conjuguée à l’arrêt temporaire des expéditions en provenance du Mexique — qui avait émergé comme fournisseur alternatif — a aggravé la crise énergétique cubaine. Conséquence : des difficultés pour la production électrique, le transport routier, les services domestiques et l’aviation civile.

Inquiétudes dans les Caraïbes

La décision américaine intervient alors que des dirigeants caribéens réunis à Saint-Kitts-et-Nevis ont tiré la sonnette d’alarme sur la détérioration rapide de la situation humanitaire à Cuba. Le Premier ministre jamaïcain a exprimé sa solidarité et mis en garde contre les effets régionaux d’une crise prolongée.

Le chef du gouvernement hôte a témoigné de témoignages locaux évoquant pénuries alimentaires et accumulation de déchets dans les rues, soulignant qu’une « Cuba déstabilisée » pourrait déstabiliser l’ensemble de la région.

Réactions et conditions posées par Washington

Le secrétaire d’État américain, présent lors du sommet, a rejeté l’idée que le blocus soit la cause unique des difficultés, imputant en partie la crise aux choix politiques des autorités cubaines. Il a averti que les sanctions pourraient être réappliquées si le pétrole venait directement au bénéfice des structures gouvernementales ou militaires.

Il a également évoqué la nécessité de réformes profondes pour améliorer les conditions de vie sur l’île, tout en attribuant une part des problèmes à la gestion économique et à l’absence d’un secteur privé dynamique.

Livraisons retardées et réponses internationales

Depuis décembre, plusieurs cargaisons de carburant destinées à Cuba ont été retardées, contribuant à l’incapacité de l’île à maintenir des services essentiels. Un navire ayant chargé de l’essence vénézuélienne au début du mois est resté à l’ancre, en attente d’une autorisation de départ.

Face à la crise, plusieurs pays ont annoncé des mesures d’assistance : le Mexique et le Canada ont évoqué l’envoi d’aide, et la Russie a indiqué qu’elle examinait la possibilité de fournir du carburant à Cuba.

  • Mexique : annonces d’aide humanitaire après avoir interrompu certaines livraisons.
  • Canada : engagement à fournir de l’aide alimentaire.
  • Russie : discussions autour d’un soutien en carburant.

Tensions en mer et incident mortel

Parallèlement à la crise énergétique, les autorités cubaines ont annoncé qu’une opération en mer avait fait quatre morts et six blessés à bord d’un hors-bord immatriculé en Floride, affirmant que l’embarcation était entrée dans les eaux cubaines. Le responsable américain présent sur place a déclaré que l’incident n’était pas une opération des États-Unis et a jugé inhabituel un tel niveau de violence en haute mer.

Ces développements accentuent les tensions régionales et soulignent la fragilité de la situation humanitaire et sécuritaire autour de Cuba.

Au cœur des débats reste la question de l’accès au pétrole vénézuélien à Cuba : l’option ouverte par Washington pourrait offrir un répit immédiat pour le ravitaillement, mais elle s’accompagne de conditions strictes et d’une forte surveillance internationale. Dans l’immédiat, les acteurs régionaux appellent à des solutions rapides pour éviter une détérioration supplémentaire de la vie quotidienne des 10,9 millions d’habitants de l’île.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/2/26/us-to-allow-venezuelan-oil-sales-to-cuba-as-alarm-grows-in-the-caribbean

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire