Le polar de Sandrine Destombes Les Malveillants se déploie dans le Gard et à Nîmes, mêlant meurtre, disparition et enquête dans une histoire où le passé et le présent se répondent. L’intrigue démarre avec le meurtre d’une femme surnommée « folle à chats » et l’apparition d Océane, disparue huit ans plus tôt et désormais au centre d’un faisceau d’indices inquiétants. Deux enquêteurs, Domitille Fourest et Gab Zeller, mènent des investigations qui croisent les profondeurs psychologiques des personnages et les limites du système judiciaire. Le récit, selon la critique, est remarquablement ancré dans le réalisme des réflexions et des pratiques des forces de l’ordre, offrant une vraisemblance qui retient le lecteur jusqu’à la dernière page.

Dans le Gard et à Nîmes, un polar croise destins et affaires non élucidées
Le décor, avec les pluies diluviennes qui marquent le début d’octobre dans la région, sert de toile de fond à un récit où les frontlines entre réel et fiction se brouillent. Karine Alban, décrite dans le récit comme une femme tourmentée et présente dans le cadre d’un quotidien tissé de tensions, est retrouvée morte, et ses félins ne sont pas épargnés. Parallèlement, Océane, la jeune femme disparue huit ans auparavant, réapparaît dans des circonstances qui ne font que reposer les questions laissées en suspens. Ces éléments déclenchent l’enchaînement des investigations menées par Fourest et Zeller, qui scrutent les interactions entre les proches, les témoins et les indices matériels.
Destombes tisse un suspense où les rebondissements s’enchaînent sans surlignage excessif, mais avec une précision qui donne de la crédibilité à chaque étape de la procédure. Le lecteur suit les échanges et les choix difficiles des enquêteurs, confrontés à des silences et à des zones d’ombre qui ne se dissipent pas facilement. Le roman cherche à restituer le rythme du travail sur le terrain et l’impact des décisions sur les vies des personnes concernées, tout en restant concentré sur l’objectif de résoudre les affaires liées.
Des personnages et un réalisme procédural mis en avant
Le récit insiste sur le duo d’enquêteurs, Domitille Fourest et Gab Zeller, et sur leur capacité à faire dialoguer les faits avec la psychologie des suspects et des témoins. Leur collaboration illustre les tensions entre les approches de la brigade de recherches et les enquêtes non élucidées de la gendarmerie, tout en mettant en lumière les dilemmes moraux qui se présentent lorsque l’on navigue entre vérité et protection des proches. L’auteure peaufine le réalisme des réflexions et des pratiques policières, ce qui confère au récit une vraisemblance quasi parfaite et une immersion soutenue.
Selon la critique, Les Malveillants est un « vrai bonbon (corsé, le bonbon !) » pour entamer l’année avec ce qu’il faut d’adrénaline dans les veines. Cette formule illustre l’équilibre entre l’intensité dramatique et la précision d’un travail policier bien documenté, qui pousse le lecteur à avancer sans lâcher prise. Le roman, publié chez XO et fort de ses 363 pages, est disponible au prix de 21,90 €, et il s’inscrit dans une offre contemporaine de thrillers français qui misent sur la tension psychologique autant que sur l’enquête.