Au Liban, le président Joseph Aoun a mis en garde contre les dangers d’un discours médiatique sous tension, appelant à une responsabilité collective pour préserver la paix civile dans un contexte marqué par la montée des tensions et la poursuite des attaques israéliennes contre le pays. Depuis le siège du patriarcat maronite à Jounieh, il a insisté sur le fait que la liberté d’expression ne peut être dissociée de l’intérêt national et de la sécurité du pays.
« La liberté absolue est le chaos et sa limite est la sécurité nationale », a-t-il déclaré, affirmant que certaines prises de parole relayées par des médias et sur les réseaux sociaux ne relèvent plus, selon lui, de la simple expression d’opinion, mais d’un rôle destructeur. Le chef de l’État a ainsi appelé à un usage plus responsable de la parole publique, dans une période qu’il juge particulièrement sensible.
Joseph Aoun a souligné que la protection de la stabilité intérieure incombe à tous les acteurs du pays. Il a cité la classe politique, les autorités judiciaires et religieuses, ainsi que les médias, les invitant à s’engager pour maintenir le dialogue et éviter toute dérive susceptible d’aggraver les fractures internes.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
Sur le plan humanitaire, le président libanais a évoqué les efforts déployés pour ouvrir des centres d’accueil aux déplacés et leur assurer un minimum de conditions de vie. Plus d’un million et 200 000 personnes ont fui les zones touchées par les combats et les frappes, a-t-il rappelé, tout en remerciant les pays amis et les organisations internationales pour leur soutien.
Il a également salué le travail de l’armée, des services de sécurité, de la défense civile et de la Croix-Rouge, estimant que leur mobilisation a permis d’atténuer une partie des souffrances. Joseph Aoun a aussi rendu hommage à la solidarité des Libanais qui ont ouvert leurs portes aux déplacés, y voyant une illustration des valeurs de la société libanaise.
Le président a enfin adressé un message particulier aux habitants du Sud, en particulier aux villages frontaliers, assurant qu’ils n’étaient pas oubliés. « Nous ne vous avons pas et ne vous oublierons pas », a-t-il affirmé, promettant que les efforts quotidiens se poursuivent pour alléger leurs difficultés.
Une mise en cause directe des attaques israéliennes
Sur le terrain sécuritaire, Joseph Aoun a condamné les attaques israéliennes visant des civils, les qualifiant de violation du droit international humanitaire, notamment des Conventions de Genève qui protègent les populations civiles et les infrastructures non militaires. Il a appelé les pays amis à intervenir pour enrayer l’escalade, alors que le Liban multiplie les contacts diplomatiques afin de faire cesser ce qu’il a décrit comme un « saignement ».
Le président a également défendu le choix du dialogue diplomatique, dans une réponse implicite à ceux qui contestent l’option de la négociation. « La diplomatie n’est pas une capitulation », a-t-il lancé, posant une question centrale : vaut-il mieux aller vers la guerre ou discuter pour mettre fin aux souffrances ?
Joseph Aoun a dressé un bilan lourd des pertes subies par le Liban, évoquant plus de 400 morts, des milliers de blessés et d’importantes destructions dans les habitations comme dans les infrastructures. Cette situation a encore aggravé une crise économique et sociale déjà profonde.
Enfin, il a présenté ses condoléances aux familles des victimes et souhaité un prompt rétablissement aux blessés. Il a aussi adressé un message de solidarité à la Force intérimaire des Nations unies au Liban, après la mort de membres du contingent indonésien, saluant le rôle de la mission dans l’appui aux civils du Sud.