Au Nigeria, une frappe aérienne de l’armée a visé un marché de village dans le nord-est du pays alors que les forces traquaient des membres du groupe Boko Haram. Le bilan exact reste incertain, mais plusieurs sources locales et une organisation internationale de défense des droits humains évoquent un nombre de morts particulièrement élevé.
Amnesty International a affirmé dimanche sur les réseaux sociaux que plus de 100 personnes avaient été tuées et 35 autres blessées lors de l’attaque menée la veille. De son côté, un chef local, Lawan Zanna Nur Geidam, a déclaré à l’AFP que le total des victimes, morts et blessés confondus, approchait les 200.
La frappe a touché le village de Jilli, dans l’État de Yobe, près de la frontière avec l’État de Borno. Cette région est l’épicentre d’une insurrection armée de longue date qui a fait des milliers de morts et poussé des millions de personnes à fuir leur foyer.
Dans un communiqué, l’armée de l’air nigériane a indiqué avoir éliminé des combattants de Boko Haram lors d’une opération aérienne sur l’axe de Jilli, dans l’État de Borno. Le texte ne mentionne toutefois pas de marché, ni de possible victime civile.
Le gouvernement de l’État de Yobe a ensuite reconnu qu’une frappe avait bien eu lieu dans la zone, à proximité d’un marché fréquenté par la population. Le brigadier général Dahiru Abdulsalam, conseiller militaire du gouvernement local, a précisé que des habitants de Geidam, qui se rendaient au marché hebdomadaire de Jilli, avaient été touchés.
Les secours ont été rapidement mobilisés. L’Agence de gestion des urgences de l’État de Yobe a indiqué avoir reçu des premiers rapports faisant état de victimes parmi des commerçants et avoir activé sa cellule de réponse. Plusieurs blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Geidam et de Maiduguri, selon les autorités locales.
Un employé de l’hôpital général de Geidam a affirmé que 23 blessés au moins y recevaient des soins. Sur place, les témoignages font état d’une scène de panique après l’explosion, alors que le marché était animé par la présence de nombreux habitants venus acheter et vendre des produits de première nécessité.
Amnesty International a vivement condamné l’opération, estimant que le recours à des frappes aériennes ne constituait pas une méthode légitime de maintien de l’ordre et dénonçant un usage « irresponsable » et « illégal » de la force meurtrière. L’organisation a appelé les autorités nigérianes à ouvrir « immédiatement » une enquête impartiale et à traduire en justice les responsables présumés.