Le prix de l’or a franchi ce lundi 26 janvier une barre symbolique en dépassant les 5 000 dollars l’once, portée par l’incertitude géopolitique et économique entourant la présidence de Donald Trump. Sur les marchés européens, la conversion donne autour de 4 217 € l’once, selon les taux en vigueur, et les analystes estiment que le mouvement peut rester volatil. L’or est perçu comme une valeur refuge face aux tensions autour du Groenland et aux incertitudes liées à l’évolution des relations internationales et de la politique monétaire. Le métal jaune évolue aussi en lien avec la dépréciation des devises et l’endettement croissant, facteurs qui renforcent l’attrait pour les actifs tangibles.

Dans ce contexte, les marchés soulignent que l’or bénéficie d’un affaiblissement du dollar et d’un contexte d’incertitude géopolitique durable. Les investisseurs cherchent à sécuriser leur patrimoine et privilégier les actifs réels lorsque les incertitudes se multiplient autour de la politique américaine et des tensions internationales. Des analystes soulignent que les métaux précieux constituent un véritable refuge, en particulier lorsque l’économie et l’ordre politique mondiaux vacillent.
«Compte tenu des tensions systémiques qui pèsent sur l’économie et l’ordre politique mondiaux, les métaux précieux constituent un véritable refuge», observe Kyle Rodda, analyste en Australie de Capital.com. «Associés à la politique monétaire expansionniste, au développement massif de l’intelligence artificielle, à la remilitarisation (des États) et aux attaques (de l’administration Trump) contre la Réserve fédérale américaine (Fed), les métaux précieux sont au cœur d’une conjoncture exceptionnelle», ajoute-t-il.
Or à 5 000 dollars: record et implications
Le mouvement a été marqué par des sommets autour de 5 080 dollars l’once, avec un pic enregistré à 5 093,05 dollars à 02 h 27 GMT, selon les horodatages des flux. En euros, ces niveaux se situent autour de 4 296 € pour le pic, illustrant une convergence des marchés vers l’or comme couverture face à l’incertitude. Les raisons invoquées restent similaires: un dollar plus faible, des tensions géopolitiques autour du Groenland et des évolutions diplomatiques à Davos, où certains espoirs de détente n’ont pas freiné la tendance.
Les analystes notent que les revirements de l’administration américaine alimentent un climat d’incertitude chez les investisseurs, qui hésitent à se détourner du métal précieux. «Les investisseurs sont réticents à abandonner le précieux métal, au cas où Donald Trump se réveillerait avec une nouvelle idée controversée», résume Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell.
Plus loin, Neil Wilson, de Saxo Markets, rappelle qu’un facteur beaucoup plus important soutient le cours de l’or: «la dépréciation des devises et l’augmentation du niveau d’endettement des États, qui se traduisent par une soif insatiable d’actifs tangibles», insiste-t-il, soulignant que le métal précieux reste perçu comme une protection durable contre les incertitudes macroéconomiques.
Contexte macroéconomique et discours autour de la Fed
Le cadre est aussi influencé par les débats sur la politique monétaire et les annonces autour de la Réserve fédérale. Des voix estiment que les pressions sur le dollar et les coûts de financement favorisent des placements dans des actifs réels. Pour David Morrison, analyste chez Trade Nation, l’argent suit la même dynamique que l’or, mais à des niveaux légèrement différents, porté par des facteurs industriels et des signes de pénurie d’approvisionnement évoqués par certains acteurs du marché.
Dans le même esprit, l’actualité a été marquée par des échanges sur la figure de Jerome Powell et des éléments évoqués autour des interactions entre le pouvoir politique et le système bancaire central. «Jerome Powell a récemment révélé que le ministère de la Justice avait ouvert une procédure à son encontre, pouvant conduire à des poursuites pénales. Le patron de la banque centrale a dénoncé sans détour une tentative d’intimider l’institution parce qu’elle ne suit pas «les préconisations du président»», précise une formulation rapportée par les dépêches.
Le métal argenté et les marchés face au risque de bulle
L’argent a suivi l’élan de l’or ces derniers mois, franchissant pour la première fois la barre symbolique des 100 dollars l’once et atteignant, en ces heures, environ 92 € l’once après conversion, compte tenu des taux de change. Lundi, à 02 h 49 GMT, il se situait vers 109,45 dollars l’once, et vers 03 h 30 GMT, il affichait 108,89 dollars l’once, selon les relevés des marchés. David Morrison rappelle que le phénomène est aussi alimenté par la perception d’une opportunité et par des signaux de disponibilité, qui soulignent l’exercice d’un FOMO (peur de rater une opportunité) sur les marchés des matières premières.
Les analystes ajoutent que la dynamique est soutenue par la demande industrielle dans des secteurs comme le solaire et l’électronique, ce qui peut maintenir des niveaux élevés pour l’argent sur le moyen terme. Toutefois, les observateurs insistent sur la prudence: les mouvements rapides et les ajustements de politique monétaire pourraient ramener des fluctuations significatives à court terme.