Le bureau de Benjamin Netanyahu a apporté son soutien à la décision des États-Unis de suspendre leurs frappes contre l’Iran, tout en précisant que la trêve de deux semaines ne s’applique pas aux opérations militaires israéliennes en cours au Liban. Dans un message publié mercredi sur X, le Premier ministre israélien a affirmé qu’Israël appuyait les efforts de Donald Trump visant à empêcher Téhéran de représenter une « menace nucléaire, de missiles et de terreur » pour les États-Unis, Israël, les voisins arabes de l’Iran et le reste du monde.
Mais, selon Netanyahu, cette trêve « n’inclut pas le Liban ». Cette précision intervient alors que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avait annoncé que les États-Unis, l’Iran et leurs alliés avaient convenu d’un cessez-le-feu immédiat « partout, y compris au Liban et ailleurs ». Il avait ajouté que la mesure entrait « en vigueur immédiatement ».
Le Liban a été entraîné dans le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran le 2 mars, après que le Hezbollah, allié de Téhéran, a lancé des attaques contre Israël. Le mouvement chiite avait présenté ces frappes comme une riposte à la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, figure centrale du camp iranien, ainsi qu’aux violations quasi quotidiennes du cessez-le-feu conclu avec Israël en novembre 2024.
Ce cessez-le-feu avait lui-même été négocié après plus d’un an d’échanges de tirs transfrontaliers entre les forces israéliennes et les combattants du Hezbollah, dans le prolongement de la guerre lancée par Israël contre Gaza en octobre 2023. Depuis le 2 mars, les autorités libanaises affirment que les frappes israéliennes ont fait plus de 1 500 morts et provoqué le déplacement de plus de 1,2 million de personnes.
L’armée israélienne a également lancé une incursion dans le sud du Liban, déclarant vouloir y prendre davantage de territoire pour établir ce qu’elle présente comme une zone tampon. À ce stade, aucune réaction immédiate n’avait été publiée par le Hezbollah ni par le gouvernement libanais après la déclaration de Netanyahu.
Un front israélo-libanais toujours sous tension
Depuis Beyrouth, la correspondante Zeina Khodr a estimé que l’entrée du Hezbollah dans la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran avait élargi le conflit et contraint Israël à gérer plusieurs fronts simultanément. Selon elle, le mouvement chiite cherche à renforcer son poids politique en s’alignant sur l’Iran dans d’éventuelles négociations à venir.
Le Hezbollah reproche depuis plusieurs mois au gouvernement libanais de ne pas avoir obtenu d’Israël le respect des termes du cessez-le-feu conclu en 2024. Le groupe affirme qu’Israël a continué ses attaques presque quotidiennement, tout en refusant de se retirer du sud du Liban, de libérer des détenus et de permettre le retour des déplacés dans leurs foyers.
La grande question, désormais, est de savoir si le dossier du front israélo-libanais sera abordé lors des prochaines discussions entre l’Iran et les États-Unis. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam estime pour sa part que Téhéran a piloté l’offensive militaire lancée par le Hezbollah dans le sud du Liban, ce qui rendrait les négociations des deux prochaines semaines décisives pour Beyrouth.
« En fin de compte, Israël veut des garanties de sécurité. Or c’est quelque chose que le gouvernement libanais, l’État libanais, ne peut pas lui donner », a résumé Zeina Khodr. Pendant ce temps, l’Agence nationale d’information a indiqué que l’armée israélienne poursuivait ses frappes dans le sud du pays.
Mercredi matin, des bombardements ont visé la localité de Srifa, dans la région de Tyr, ainsi qu’une voiture à Sadiqin, faisant plusieurs blessés selon la même source. Sur le terrain, la trêve US-Iran et Liban apparaît donc loin d’apaiser l’ensemble du conflit, alors que les hostilités se poursuivent sur le front libanais.