Le gouvernement français a annoncé ce vendredi une révision des aides à l’achat de pompes à chaleur afin de privilégier la production européenne et la performance environnementale. Selon le ministère de l’Industrie, « les aides à l’achat de pompes à chaleur (PAC) individuelles seront liées à la production en Europe et à la performance environnementale ». Cette orientation vise à renforcer la « souveraineté énergétique » et à soutenir un marché qui « devrait repartir » après deux années « difficiles », expliquent les services du ministère. Le dispositif ne concerne pas toutes les PAC: sur les 300 000 installations annuelles, les modèles air-eau, eau-eau et sol-eau sont ciblés, tandis que les modèles air-air sont épargnés. Le gouvernement prévoit de publier, d’ici juillet 2026, une liste de modèles agréés auxquels seront réservées les aides bonus liées aux certificats d’économie d’énergie (CEE).
Des aides liées à la production européenne et à la performance environnementale
Concrètement, choisir un modèle agréé par le gouvernement donnera droit à « la même aide qu’avant », selon le ministère de l’Industrie. À l’inverse, opter pour une option importée divise par cinq les potentielles aides liées aux certificats d’économies d’énergie : 700 euros contre 3 500 euros pour les modèles agréés, pour un ménage qui gagne 4 500 euros net mensuel. Ce qui change, c’est que la bonification des aides liées aux CEE (ici équivalente à 2 800 euros) ne sera plus accessible aux produits importés hors d’Europe. Ces derniers ne seront éligibles qu’au forfait de base de ces aides, équivalent à 700 euros. À noter que « les chiffres varient selon les situations », rappelle le ministère. Le montant peut changer en fonction de la zone climatique du logement, de sa surface chauffée et de « multiples autres facteurs », explique l’association de consommateurs UFC Que Choisir, qui a publié en octobre 2025 un rapport très critique sur ce dispositif.

Coûts d’installation et effets sur MaPrimeRenov’ et le marché
Pour l’installation d’une PAC, les coûts restent élevés: le ministère indique une fourchette entre 8 000 et 15 000 euros; l’association UFC Que Choisir évalue un prix moyen de 15 000 euros. Dans ce cadre, MaPrimeRenov’, qui « serait relancée », n’est pas modifiée et peut être sollicitée concernant une pompe à chaleur sous conditions de revenus.
Les autorités expliquent que le principe de préférence européenne devrait s’appliquer « à l’ensemble des interventions de l’État », et viser à stabiliser le marché tout en évitant les achats hors Europe pour les modèles éligibles. Cette réforme s’inscrit dans une logique de transition énergétique, mais elle suscite des questions sur l’impact budgétaire pour les ménages et les délais d’installation.