Des célébrations marquent le premier anniversaire de la chute de Bachar al-Assad en Syrie, une année après l’offensive qui a redessiné le paysage politique du pays. À Deraa, Damas et ailleurs, les rues se remplissent de drapeaux et de slogans, rappelant que le conflit n’est pas oublié mais en passe de devenir une mémoire vivante. Des témoignages évoquent l’espoir d’une reconstruction et les défis qui persistent, y compris les violences encore présentes et l’incertitude diplomatique. L’image qui domine est celle d’une jeunesse qui a pris part à la révolte de 2011 et qui voit aujourd’hui son histoire devenir un héritage transmis de génération en génération.
À Deraa, le tag qui demeure et l’espoir de la fête
À Deraa, Muawiya Sayasina, 31 ans, a grandi avec la révolte et voit dans l’actualité la continuité du même message. Au mur où, en 2011, un groupe d’adolescents avait griffonné « C’est ton tour, docteur », apparaît aujourd’hui un nouveau tag lisible: « Le docteur a fui ». « En écrivant ce tag en 2011 avec mes amis, j’avais la peur au ventre mais je n’aurais jamais imaginé que ce slogan aurait provoqué mon arrestation, la torture et tout ce qui s’en est suivi pour le pays ensuite », raconte-t-il. Quatorze ans plus tard, il affirme : « À partir de cette année, ce sera la fête chaque année car cette date de la chute de Bachar est désormais inscrite dans l’histoire à jamais ». Le réveil festif est aussi une manière de marquer une continuité entre passé et présent, même si la peur et les incertitudes restent palpables.

En Syrie, un an après : fêtes et défis
Dans d’autres villes, les images de fête coexistent avec les incertitudes. À Hama, des milliers de Syriennes et Syriennes ont brandi le drapeau syrien sur la place éponyme pour marquer l’anniversaire. Le pays tente de se relever aujourd’hui après 13 années de guerre civile. Un an après le renversement de Bachar al-Assad, l’ancien djihadiste et rebelle syrien Ahmed al-Charaa, devenu président par intérim, multiplie les rencontres diplomatiques. Son objectif est de financer la reconstruction de la Syrie. Reçu en novembre dernier à Washington, il a obtenu de Donald Trump, dans le Bureau ovale, la levée des sanctions américaines contre son pays. L’ouverture sur l’Occident est présente, mais les difficultés demeurent au sein du pays. Beaucoup de Syriens redoutent les violences, notamment après les massacres dans les communautés alaouites, où près de 1 300 personnes sont mortes, dont trois quarts étaient des civils. L’ONU met en garde: la transition reste fragile et le chemin vers une stabilisation durable est encore semé d’obstacles.

Cette narration commune rappelle que, même lorsque l’exil et les violences s’atténuent, les monuments symboliques et les slogans restent des repères vivants pour des Syriens, qui cherchent à écrire une page nouvelle tout en portant un héritage de lutte et de mémoire.