Lactalis a rappelé six lots de lait infantile de la marque Picot, vendus en France et dans 18 pays, en raison d’une possible présence de céréulide, une toxine produite par Bacillus cereus. Cette toxine peut provoquer des vomissements et, chez le nourrisson, des troubles qui nécessitent une évaluation médicale rapide. Les autorités sanitaires soulignent que les conditions de conservation et de cuisson peuvent favoriser la croissance des bactéries et la formation de toxines. Le rappel du 21 janvier fait écho à l’épisode survenu chez Nestlé le 5 janvier et rappelle l’importance du contrôle des produits destinés aux bébés.

Rappel Picot: céréulide dans des laits infantiles et implications en France
Selon Lactalis, six lots de lait infantile de la marque Picot ont été rappelés dans 18 pays au total, dont la France, en raison d’une possible présence de céréulide.
Le rappel concerne des produits destinés aux nourrissons et s’inscrit dans un cadre international où 18 pays sont affectés. Les échanges entre les autorités sanitaires et le groupe se poursuivent pour préciser les lots concernés et les modalités de restitution.
« Les risques pour le consommateur sont le plus souvent liés à une multiplication de B. cereus lors de l’exposition des aliments à des températures inappropriées. Les aliments associés à des toxi-infections à B. cereus subissent fréquemment, mais pas exclusivement, une étape de cuisson et/ou ne sont pas refroidis de manière adéquate après leur préparation et avant la consommation », précise l’Anses.
« L’ingestion de ces bactéries ne provoque pas forcément une infection, cela dépend du type de bactérie et de la dose consommée, note sur son site le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire. Ces bactéries se trouvent habituellement dans l’environnement : terre, eaux, végétaux… Ainsi, les aliments les plus fréquemment contaminés sont les végétaux comme le riz, les légumes, les pommes de terre, les épices… »
« Les bébés se déshydratant rapidement, tout vomissement répété après consommation des lots concernés doit conduire à une évaluation médicale rapide, que la céréulide soit en cause ou non. En l’absence de symptômes, il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’un impact à long terme sur la santé », écrivait alors la marque sur son site Internet.
« Ces infections guérissent le plus souvent spontanément en 12 à 24 heures. Elles sont généralement bénignes mais certains individus, plus fragiles, peuvent y être plus sensibles comme les personnes âgées, les femmes enceintes et les nouveau-nés, notamment. »

Qu’est-ce que la céréulide et quels risques pour les nourrissons
La céréulide est une toxine produite par la bactérie Bacillus cereus et peut se former dans les aliments lorsque les conditions de stockage et de cuisson favorisent la croissance des bactéries. Cette toxine est particulièrement stable et résistante à la chaleur, ce qui peut permettre son existence après le chauffage des aliments. Les types d’intoxication associés sont émétisant ou diarrhéique.
« L’intoxication émétisante survient après une courte période d’incubation, de 30 minutes à 5 heures. Elle est caractérisée par des malaises, des vomissements, des nausées, des douleurs abdominales, parfois accompagnées de diarrhées. La principale complication de cette intoxication ? Elle peut provoquer, selon l’Anses, une dégénérescence – toutefois réversible – du foie. »
« L’intoxication diarrhéique est, elle, caractérisée par une diarrhée abondante et des crampes intestinales, 8 à 16 heures après l’ingestion de l’aliment contaminé. En cas de symptômes, il faut consulter un médecin. »
« La dose de céréulide suffisante pour provoquer des symptômes émétiques serait de l’ordre de 5 à 10 μg/kg de masse corporelle, selon des essais chez les primates et d’après l’analyse d’aliments impliqués dans des intoxinations alimentaires chez l’Homme », précise l’Anses.
Les autorités soulignent que ces infections guérissent le plus souvent spontanément en 12 à 24 heures et restent une préoccupation pour les nourrissons et les personnes vulnérables. Elles rappellent l’importance des gestes d’hygiène et de conformité des instructions de cuisson et de conservation pour éviter toute contamination.
En l’absence de symptômes, il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’un impact à long terme sur la santé, selon les précautions et les conseils émis par les autorités et les fabricants. Les rappels de produits destinés aux nourrissons rappellent l’importance des contrôles qualité et de la traçabilité pour limiter les risques et assurer la sécurité des bébés.