Le procès du RN met en lumière les liens entre Catherine Griset, secrétaire proche de Marine Le Pen, et les mécanismes de financement du Parlement européen utilisés par le parti. Entre 2010 et 2016, Griset a été rémunérée par le Parlement européen en tant qu’assistante parlementaire de Marine Le Pen et elle est évoquée comme ayant travaillé pour la présidente à hauteur de part du temps lorsque celle-ci occupait des postes de direction au sein du parti et était rémunérée par le Parlement via des enveloppes budgétaires. Cette configuration alimente les accusations visant le parti et neuf cadres, considérés comme poursuivis pour détournement de fonds publics. En première instance, Griset a été condamnée à un an d’emprisonnement avec sursis et Marine Le Pen a reçu des sanctions similaires sur le même dossier. Les auditions ont également mis en lumière les questions de résidence et de la frontière entre les fonctions parlementaires et les responsabilités internes au parti.

Procès du RN: Catherine Griset et Marine Le Pen face au dossier de détournement
Selon les éléments du dossier, entre décembre 2010 et 2016, Catherine Griset a été rémunérée par le Parlement européen en tant qu’assistante parlementaire de Marine Le Pen, députée européenne et figure du parti. Il est évoqué qu’elle a travaillé pour Marine Le Pen à hauteur d’une partie de son temps lorsque celle-ci occupait des postes de direction au sein du parti et était rémunérée par le Parlement via des enveloppes budgétaires. Cette configuration alimente les accusations visant le parti et neuf cadres, considérés comme poursuivis pour détournement de fonds publics. En première instance, Griset a été condamnée à un an d’emprisonnement avec sursis et Marine Le Pen a reçu des sanctions similaires sur le même dossier.
« Ça ne m’a pas choquée parce que je travaillais pour Marine Le Pen », élude Catherine Griset.
Elle apparaît aussi dans un organigramme public du parti FN comme « l’assistante de Marine Le Pen », le même document mentionnant un « assistant parlementaire » de l’eurodéputée Le Pen. Face à ces éléments, la magistrate a interrogé sur le fait que la frontière entre les activités au Parlement et les fonctions au sein du parti pouvait être floue.
« Moi, mon travail, je l’ai fait, je l’ai bien fait. J’étais la seule à gérer l’agenda », réplique l’intéressée, alors que les échanges revenaient sur les responsabilités et la gestion des déplacements. La prise de parole a été suivie d’autres interrogations sur les éventuels conflits d’intérêts et sur la portée des enveloppes budgétaires utilisées.
« Marine Le Pen n’a plus de chef de cabinet, il faut faire un organigramme, c’est juste honorifique », a relevé Michèle Agi, présidente de la cour, lors de l’échange sur le rôle et les descriptions des postes. « Ça n’a absolument rien changé à mon travail », a répliqué Catherine Griset. Les débats ont aussi abordé le point où le parquet s’interrogeait sur la possibilité d’un conflit d’intérêts lié à la double casquette entre la direction du parti et l’activité parlementaire.

Des échanges houleux et des précisions sur les fonctions
Le débat s’est poursuivi sur l’obligation de résidence à Bruxelles inhérente à l’« assistante accréditée » entre 2010 et 2016, une condition évoquée comme élément du débat, sans constituer à elle seule une preuve d’infraction. La période d’évolution de la fonction, notamment le fait que Catherine Griset occupait ensuite un rôle de « cheffe de cabinet » à partir de février 2015, a été examinée sans qu’elle juge que cela modifiait son travail. Les auditions ont aussi mis en évidence des tensions autour de la manière dont les titres et les fonctions ont été déclarés, et sur la portée des enveloppes budgétaires utilisées.
« Marine Le Pen n’a plus de chef de cabinet, il faut faire un organigramme, c’est juste honorifique », a relevé Michèle Agi, présidente de la cour, lors de l’échange sur le rôle et les descriptions des postes. « Ça n’a absolument rien changé à mon travail », a répliqué Catherine Griset. Le dossier a aussi porté sur la question du conflit d’intérêts et sur l’interprétation des obligations de résidence et de déclaration des titres au Parlement.
Le procès, marqué par des échanges tendus, est en route vers des audiences complémentaires et la suite des débats pour clarifier les mécanismes de financement et les responsabilités au sein du RN et du Parlement européen.