Le procès de Joël Guerriau, ancien sénateur Horizons, s’ouvre ce lundi 26 janvier en Loire-Atlantique. Il est poursuivi pour avoir drogué Sandrine Josso, députée Modem, avec l’intention de la violer, selon le réquisitoire. Le témoin principal a décrit une soirée où l’alcool et une éventuelle drogue ont joué un rôle trouble; les analyses toxicologiques ont révélé une presence importante de MDMA dans son sang. Guerriau nie toute intention de viol et parle d’un acte d’inadvertance. L’affaire relance aussi le débat sur la prévention des violences et sur la façon dont l’État répond à ces situations.
Ouverture du procès et témoignages
L’audience débute ce lundi et Sandrine Josso prend la parole pour raconter les faits et leurs conséquences sur sa vie personnelle et professionnelle. « Je suis venue voir un ami et je suis sortie terrorisée en découvrant un agresseur », dit-elle, citée par franceinfo et RTL. Elle précise que la soirée s’est déroulée chez son homologue et que, après avoir quitté les lieux, elle a rapidement alerté les secours et subi des examens médicaux. À quelques heures de l’ouverture du procès, elle mentionne aussi les effets psychologiques qu’elle subit encore, notamment un stress post-traumatique et une reconstruction lente. Dans la défense, le sénateur nie toute intention de droguer et de violer et promet d’éclaircir les faits au cours du procès.

Contexte médical et éléments d’enquête
Les autorités ont indiqué que les analyses toxicologiques réalisées après l’hospitalisation de la députée révèlent une forte intoxication à MDMA, avec une concentration de 388 nanogrammes par millilitre de sang, largement au-delà d’un usage récréatif. Dans le cadre de la perquisition à son domicile, un sachet de 30 grammes d’ecstasy a été retrouvé dans le tiroir de la cuisine, selon nos informations. La défense assure que ces résultats doivent être replacés dans le cadre du travail parlementaire et conteste l’interprétation des faits par les plaignants.
« La défense des agresseurs: ils se victimisent », a-t-elle déclaré à RTL, ajoutant qu’il s’agit d’un « tissu de mensonges » selon ses dires. Elle insiste sur la nécessité d’un traitement proportionné et d’une information publique pour prévenir ces violences.
Réactions et appel à une politique publique
Sandrine Josso explique que le dossier brutalise aussi sa vie personnelle, avec le risque de croiser l’auteur dans sa circonscription et dans les lieux publics. Elle appelle à une « vraie politique d’État » pour enrayer ces violences et à une pédagogie du procès afin d’informer les victimes, selon ses déclarations à la presse. « Ce que je souhaite vraiment, c’est que les victimes en France arrêtent d’être invisibilisées, désocialisées. J’ai vraiment envie que ce procès soit pédagogique pour ça et je penserai à elles, à toutes ces victimes qui sont dans l’ombre », affirme-t-elle.
Dans une perspective plus large, l’élue évoque les affaires liées à des violences sexuelles déjà portées en justice, citant des exemples comme Betharram, Le Scouarnec et Pelicot, pour souligner la nécessité d’une action durable et coordonnée de l’État afin d’enrayer ces violences, par l’éducation et la prévention.