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Iran et Chine finalisent un accord pour missiles de croisière CM-302

par Sara
Iran, Chine, États-Unis, Israël

Les négociations entre Téhéran et Pékin pour l’acquisition du missile de croisière antinavire CM-302 sont entrées dans leurs phases finales, selon plusieurs sources proches du dossier. L’accord, d’importance stratégique, intervient alors qu’un important déploiement naval américain se trouve à proximité des côtes iraniennes, tandis que la date de livraison reste pour l’instant non confirmée.

Les capacités du CM-302

Le CM-302, conçu en Chine, est présenté par son fabricant comme un missile antinavire de pointe. Sa caractéristique la plus notable est sa vitesse supersonique, qui complique considérablement son interception par les défenses adverses.

  • Vitesse supérieure à celle du son, réduisant les fenêtres d’interception.
  • Portée offensive d’environ 290 kilomètres.
  • Vol à très basse altitude pour échapper aux radars et aux systèmes de défense navale portables.
  • Polyvalence d’emploi : lancement possible depuis navires, aéronefs ou véhicules terrestres mobiles.
  • Capacité à viser des bâtiments de surface majeurs, et possibilité d’emplois contre des cibles terrestres.

Des spécialistes estiment qu’un approvisionnement iranien en CM-302 renforcerait nettement la capacité de dissuasion et de frappe de la marine iranienne.

Les coulisses des négociations

Selon plusieurs interlocuteurs informés, les pourparlers entre Téhéran et Pékin remontent à au moins deux ans, mais se sont accélérés après l’escalade militaire de juin 2025. Cette confrontation de douze jours entre Israël et l’Iran a servi de catalyseur pour intensifier les discussions.

Des responsables iraniens ont effectué une visite discrète en Chine l’été dernier, avec à leur tête un haut responsable du ministère de la Défense, marquant l’entrée dans la phase finale des négociations. Malgré cela, Pékin n’a pas officiellement confirmé les échanges liés à cet accord.

Pour les autorités iraniennes, l’heure est venue d’exploiter les accords militaires existants avec des partenaires étrangers afin de renforcer leurs capacités de défense, ont-ils fait valoir.

Un potentiel « changeur de règles »

Des analystes et anciens responsables militaires mettent en garde sur l’effet stratégique d’une telle livraison. La possession de missiles supersoniques antinavires capables d’atteindre des cibles à plusieurs centaines de kilomètres pourrait modifier l’équilibre des forces dans le golfe et les eaux environnantes.

Un ancien officier des services de renseignement israéliens souligne qu’une capacité iranienne accrue à frapper des navires rendrait la protection des groupes navals alliés plus difficile et élèverait le risque d’escalade régionale.

Côté chinois, certains observateurs y voient une politique visant à préserver des intérêts géopolitiques et économiques dans la région en soutenant des régimes qu’elle juge stratégiquement importants.

Contexte militaire : un renforcement américain

Le dossier s’insère dans un contexte de forte présence militaire américaine dans la région. Plusieurs porte-avions et leurs groupes aéronavals ont été positionnés à proximité, accompagnés d’un important transfert d’appareils et de moyens logistiques vers des bases en Europe et au Moyen-Orient.

  • Des groupes aéronavals, dont ceux d’importants porte-avions, se trouvent en route ou stationnés près de la zone.
  • Plus d’une centaine d’appareils — majoritairement des avions de transport et de ravitaillement — ont été redéployés vers des bases en support des opérations régionales.
  • Des avions de combat de haute performance ont aussi été signalés comme étant positionnés dans la région, augmentant la capacité de projection de puissance.

Parallèlement, des déclarations politiques — notamment un ultimatum adressé à Téhéran concernant son programme nucléaire — ont augmenté la tension et la visibilité d’un possible recours à la force si les négociations n’aboutissaient pas.

Implications juridiques et extensions des négociations

La perspective d’un transfert d’armement avancé soulève des questions par rapport aux restrictions internationales en vigueur. Certains responsables considèrent cette démarche comme un défi au cadre des sanctions et des embargos rétablis au fil des années.

Par ailleurs, les sources indiquent que les discussions entre l’Iran et la Chine dépassent le seul dossier du CM-302. Téhéran chercherait également à acquérir d’autres systèmes sophistiqués, notamment des capacités surface‑air portables, des systèmes de défense contre les missiles balistiques et des technologies visant les capacités spatiales adverses.

Ces éléments, s’ils étaient confirmés, marqueraient un réinvestissement significatif de la Chine comme fournisseur d’équipements militaires à l’Iran, après une baisse des transferts à grande échelle dans les années 1990 sous pression internationale.

Dans ce contexte tendu, plusieurs acteurs régionaux et extra‑régionaux surveillent de près l’évolution des livraisons et des déploiements, conscients que l’arrivée de systèmes comme le CM-302 pourrait redessiner les marges de manœuvre militaires dans une zone déjà fortement militarisée.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/25/%d8%a5%d9%8a%d8%b1%d8%a7%d9%86-%d8%aa%d8%b3%d8%b9%d9%89-%d9%84%d8%a3%d9%85%d8%aa%d9%84%d8%a7%d9%83%d9%87%d8%a7-%d8%aa%d8%b9%d8%b1%d9%81-%d8%b9%d9%84%d9%89-%d9%85%d9%88%d8%a7%d8%b5%d9%81%d8%a7%d8%aa

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