Plusieurs pays du Golfe ont annoncé avoir été visés par une nouvelle vague d’attaques iraniennes menées à l’aide de missiles et de drones, dans un contexte de fortes tensions régionales marquées par l’extension du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran et à ses alliés au Liban, en Irak et au Yémen.
Ces interceptions ont eu lieu alors que les systèmes de défense aérienne de la région restent en alerte maximale face à la multiplication des tirs et des incursions de drones. Dans plusieurs cas, les autorités ont affirmé avoir neutralisé les engins avant qu’ils ne causent des pertes humaines massives, même si des dégâts matériels importants ont été signalés.
Les Émirats arabes unis touchés par des tirs venus d’Iran
Le ministère émirati de la Défense a annoncé, dans deux communiqués publiés lundi, que ses défenses avaient répondu à des tirs de missiles et à des drones en provenance d’Iran. Les autorités ont précisé que les bruits entendus dans plusieurs zones du pays étaient liés à l’intervention des systèmes de défense aérienne.
Ces nouvelles attaques surviennent au lendemain d’une précédente salve au cours de laquelle les Émirats avaient indiqué avoir intercepté neuf missiles balistiques, un missile de croisière et 50 drones lancés depuis l’Iran.
À Charjah, le bureau médiatique du gouvernement a affirmé que les équipes d’intervention d’urgence avaient maîtrisé un incendie dans le port de Khor Fakkan, déclenché par la chute de débris issus de l’interception de dimanche. Selon la même source, l’incident a fait quatre blessés, de nationalité népalaise et pakistanaise.
Le Koweït affirme avoir repoussé plusieurs attaques
L’armée koweïtienne a indiqué, dans trois communiqués distincts, que ses défenses aériennes faisaient face à des attaques hostiles menées par missiles et drones. Elle a expliqué que les explosions entendues si elles avaient été perçues dans le pays étaient dues aux interceptions réalisées par les systèmes de défense.
Les autorités ont appelé la population à respecter strictement les consignes de sécurité émises par les services compétents. L’objectif, selon elles, est de limiter les risques dans un contexte où les menaces aériennes se multiplient à proximité immédiate du territoire.
Dimanche soir, le porte-parole officiel du ministère koweïtien de la Défense, le colonel Saoud Abdelaziz Al-Otaïbi, a précisé que les forces armées avaient détecté et traité au cours des dernières 24 heures neuf missiles balistiques, quatre missiles de croisière et 31 drones.
Il a ajouté que les attaques avaient visé deux stations électriques et de dessalement, un complexe du secteur pétrolier, plusieurs installations opérationnelles relevant de la Kuwait Petroleum Corporation ainsi qu’un bâtiment du complexe ministériel. D’importants dégâts matériels et plusieurs incendies ont été constatés, sans qu’aucune victime ne soit signalée.
Le Qatar, l’Arabie saoudite et Bahreïn également ciblés
Au Qatar, le ministère de la Défense a annoncé que le pays avait été la cible de plusieurs drones ainsi que de deux missiles de croisière en provenance d’Iran. Les forces armées qataries ont assuré avoir réussi à intercepter l’ensemble des engins avant qu’ils n’atteignent leurs objectifs.
En Arabie saoudite, le porte-parole officiel du ministère de la Défense a fait état, dimanche, de l’interception et de la destruction d’un missile de croisière. Les autorités n’ont pas précisé immédiatement l’ampleur des dégâts éventuels, mais ont confirmé la réactivité de leurs dispositifs antiaériens.
Bahreïn a également signalé une nouvelle vague d’attaques. Le Centre national de la communication a indiqué dimanche soir que la Force de défense bahreïnienne avait intercepté et détruit 13 drones visant le royaume en l’espace de 24 heures.
Le ministère de l’Intérieur bahreïnien a, pour sa part, précisé que la défense civile avait maîtrisé un incendie dans l’une des installations visées par l’attaque iranienne, sans faire de blessés. À Manama, les autorités ont affirmé que depuis le début de ces attaques, 188 missiles et 466 drones ont été interceptés et détruits.
Tensions régionales et craintes pour les infrastructures civiles
Téhéran soutient qu’elle ne vise pas des pays spécifiques, mais ce qu’elle décrit comme des bases et des intérêts américains. Sur le terrain, toutefois, plusieurs de ces frappes ont déjà causé des morts et des blessés, tout en endommageant des infrastructures civiles sensibles.
Des aéroports, des ports et divers bâtiments figurent parmi les sites touchés ou menacés dans plusieurs pays du Golfe. Face à cette montée des risques, les systèmes de défense aérienne de la région demeurent mobilisés pour protéger les populations, les installations stratégiques et les secteurs énergétiques.