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Un vif différend diplomatique oppose la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le président français Emmanuel Macron après les commentaires de la dirigeante italienne sur le meurtre, à Lyon, d’un militant d’extrême droite. Emmanuel Macron a estimé ces propos comme une ingérence dans les affaires internes de la France, tandis que Giorgia Meloni affirme avoir voulu exprimer sa solidarité et non pas s’immiscer.
Ce qu’a dit Meloni
Mercredi, Giorgia Meloni a dénoncé le meurtre d’un jeune militant d’extrême droite comme «une plaie pour l’Europe tout entière», évoquant un climat de haine idéologique qui traverserait plusieurs pays. Elle a publié ces réactions sur la plateforme où elle communique régulièrement, avant d’en préciser le sens lors d’une interview télévisée sur Sky TG24.
Jeudi, après la réponse de Paris, Meloni a assuré qu’«on l’a mal comprise» et s’est dite «désolée» que ses propos aient été interprétés comme une ingérence. Selon elle, son intervention répondait d’abord à un élan de solidarité envers les victimes et la société française.
Les éléments de l’enquête
La victime a été agressée en marge d’un colloque organisé par une élue européenne de sensibilité très à gauche. Dans le cadre de l’enquête, le parquet de Lyon a requis que sept hommes soient poursuivis pour «meurtre volontaire».
- Plusieurs des personnes mises en cause sont supposément liées à des mouvements d’extrême gauche.
- Trois suspects seraient proches d’un militant d’extrême gauche connu pour avoir fondé un groupe de jeunesse anti-fasciste dissous par décret au mois de juin 2025 pour «actes de violence».
La réaction de Macron
En visite officielle en Inde, Emmanuel Macron a réagi en appelant chacun à «s’occuper de ses propres affaires» pour que les relations internationales se déroulent correctement. Il a également dénoncé l’attitude de ceux qui refusent l’ingérence chez eux mais commentent abondamment la vie des autres pays.
Lors d’une conférence de presse ultérieure, le président français a mis en garde contre la formation de «milices d’autodéfense» invoquant la violence de l’autre camp, jugeant que cela relève non seulement d’une erreur politique mais aussi d’une faute morale. Il a insisté sur le fait qu’aucun acte violent ne peut être justifié, quel que soit le camp.
La riposte de Rome
Le bureau de Giorgia Meloni a exprimé son étonnement face à la réaction française, répétant que ses déclarations avaient été faites par solidarité envers la France et non comme une ingérence. Le ministre des Affaires étrangères italien, Antonio Tajani, a condamné fermement le meurtre, le qualifiant de «faits graves qui concernent toute l’Europe» et appelant à une réponse commune contre la violence politique.
Dans son entretien télévisé, Meloni a mis en garde contre un climat qui l’inquiète et qu’elle dit retrouver en Italie, en France et aux États-Unis. Elle a rappelé les «années de plomb» italiennes entre 1969 et 1980, lorsque la violence politique avait marqué le pays, et a évoqué le souvenir de membres d’organisations d’extrême gauche ayant, à l’époque, trouvé refuge en France, une période qui avait déjà alimenté des tensions bilatérales.
Un contentieux qui n’est pas nouveau
Le face‑à‑face entre Rome et Paris ranime des différends antérieurs. En 2022, une ancienne responsable française avait averti que Paris surveillerait le respect des valeurs et de l’État de droit en Italie après l’arrivée au pouvoir du parti mené par Meloni, commentaires alors perçus par Rome comme une ingérence inacceptable.
Ainsi, cette nouvelle polémique s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre les deux capitales, alors même que les dirigeants appellent simultanément à une réponse européenne commune face à la montée de la violence politique.