Le président américain Donald Trump a annoncé qu’il reporte sa visite prévue à Pékin à la fin du mois, invoquant la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran qui mobilise l’essentiel de l’attention de Washington. « Nous remettons la réunion », a déclaré M. Trump aux journalistes à la Maison-Blanche, précisant vouloir rester à Washington tant que le conflit se poursuit.
Calendrier modifié et raisons invoquées
La visite, initialement programmée du 31 mars au 2 avril, est désormais repoussée d’environ cinq semaines, vers la fin avril selon le président. Trump a rappelé que sa dernière visite d’État en Chine remontait à 2017, lors de son premier mandat.
Le report intervient alors que le détroit d’Ormuz demeure fermé à presque tout le trafic maritime mondial, aggravant les tensions et provoquant des fluctuations importantes des prix du pétrole. « À cause de la guerre, je veux être ici. Je dois être ici », a encore affirmé le président pour justifier sa décision.
Une demande d’appui à Pékin sur le détroit d’Ormuz
Washington a également demandé l’aide de Pékin pour faire pression sur Téhéran afin de rouvrir le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le commerce mondial et les exportations pétrolières du Moyen-Orient. Trump a indiqué que la Chine faisait partie des pays susceptibles de pousser l’Iran à lever les entraves au passage maritime.
Les autorités chinoises ont déclaré rester en communication avec les États-Unis au sujet du déplacement du président, sans donner davantage de détails sur un nouveau calendrier officiel.
Sujets à l’ordre du jour entre Washington et Pékin
Les équipes de Trump et de Xi Jinping prévoyaient d’aborder un large éventail de dossiers bilatéraux.
- Les droits de douane et la guerre commerciale entre les deux puissances ;
- Les contrôles à l’exportation chinois sur les terres rares et les aimants ;
- La question de Taïwan et son impact sur la relation ;
- Les exportations de fentanyl et la lutte contre les flux illicites.
Après une trêve en octobre consécutive à une rencontre en Corée du Sud, les deux pays travaillaient à un accord commercial plus global. Le ton du président vis-à-vis de Pékin s’est d’ailleurs adouci depuis sa réunion avec Xi l’an dernier.
Conséquences diplomatiques et risques pour la position américaine
Plusieurs observateurs estiment que l’escalade du conflit au Moyen-Orient pourrait affaiblir la position de négociation de Washington lors du prochain sommet avec Pékin. Certains espéraient que l’opération américaine — baptisée « Epic Fury » — renforcerait la main de Trump face à Xi en montrant sa capacité à agir de manière spectaculaire.
Mais selon des analystes, le mouvement a rapidement eu un effet inverse : confronté à un choc d’approvisionnement pétrolier majeur, le président sollicite désormais l’appui chinois pour rouvrir la voie maritime la plus vitale au monde. Si le détroit devait rester fermé et que le conflit se prolongeait, la rencontre différée pourrait se tenir dans un contexte diplomatique et économique sensiblement différent.
Le contexte stratégique
Outre les enjeux commerciaux et sécuritaires, Pékin reste le principal partenaire commercial de Téhéran et a fourni, selon des sources d’observation, des technologies utiles aux capacités iraniennes de guerre électronique, visibles ces dernières semaines sur le théâtre des opérations.
La rencontre entre Trump et Xi, désormais remise, sera donc scrutée pour mesurer si la pression sécuritaire au Moyen-Orient influence la trajectoire des relations sino-américaines et le calendrier diplomatique bilatéral.