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Une juge fédérale de Floride a interdit de façon permanente au ministère de la Justice de publier le rapport du conseiller spécial Jack Smith portant sur le traitement par Donald Trump de documents classifiés après son départ de la Maison-Blanche en 2021. La décision, rendue par la juge Aileen Cannon depuis le tribunal de district de Fort Pierce, soulève de nouvelles tensions autour de la diffusion d’éléments d’enquête sensibles et promet d’alimenter de nouvelles batailles juridiques.
Les motifs de l’ordonnance
Dans son jugement, la magistrate a critiqué la « stratégie audacieuse » adoptée par Jack Smith pour la rédaction du rapport et a jugé que sa nomination comme conseiller spécial soulevait des irrégularités juridiques. Elle a estimé que la publication du rapport risquait de violer un ordre de suspension en vigueur et, plus encore, constituait une infraction préoccupante à l’esprit de cet ordre.
La juge Cannon a prévenu qu’une diffusion du document, contenant des éléments d’enquête inédits, pourrait causer « un préjudice irréparable » à l’ancien président et à deux de ses collaborateurs, et a donc scellé le rapport contre la divulgation publique.
Contenu et statut des volumes
Le rapport Smith se compose de plusieurs volumes. Le premier volet, lié à une autre affaire — celle des efforts visant à renverser les résultats de l’élection de 2020 — a été rendu public en janvier 2025 après que Jack Smith eut abandonné la poursuite correspondante.
En revanche, le deuxième volume, qui traite spécifiquement de la gestion des documents classifiés trouvés chez l’ancien président, de leur rétention illégale présumée et des supposés complots visant à entraver les efforts gouvernementaux pour récupérer ces matériaux, n’a jamais été publié.
Réactions des parties prenantes
Deux organisations de surveillance, American Oversight et le Knight First Amendment Institute, qui demandaient depuis des mois la publication du rapport Smith, ont vivement dénoncé la décision. Elles ont estimé que la décision empêchait le public d’accéder à des informations d’importance nationale et ont annoncé leur intention de faire appel.
Les avocats de Donald Trump ont pour leur part soutenu que le rapport ne devait pas être rendu public parce que le mandat du conseiller spécial était, selon eux, entaché d’irrégularités. Les défenseurs de Walt Nauta, aide de M. Trump, et de Carlos De Oliveira, directeur des propriétés à Mar-a-Lago, avaient même demandé la destruction des exemplaires, requête que la juge a refusée.
Le ministère de la Justice a aussi plaidé pour le maintien du scellement du document, qualifiant le rapport de produit d’une enquête et d’une poursuite qu’il jugeait illégitimes.
Ce qui reste en jeu
La décision de la juge Cannon marque un nouveau chapitre dans une longue série de litiges autour du rapport Smith. Les observateurs juridiques s’attendent à d’autres recours et à des procédures d’appel destinées à contester l’interdiction de publication.
À court terme, la décision laisse le grand public dans l’attente de précisions sur les allégations portées dans le volume consacré aux documents classifiés. À plus long terme, elle soulève des questions sur l’équilibre entre secrets d’enquête, droits des personnes mises en cause et droit du public à l’information.
Principaux acteurs concernés
- Donald Trump — ancien président visé par l’enquête.
- Jack Smith — conseiller spécial auteur du rapport.
- Aileen Cannon — juge fédérale ayant rendu l’ordonnance.
- Walt Nauta et Carlos De Oliveira — collaborateurs cités dans l’enquête.
- American Oversight et Knight First Amendment Institute — organisations demandant la publication.