La startup britannique Volklec déclare avoir tiré des leçons des tentatives infructueuses du Royaume-Uni dans la fabrication de batteries pour véhicules électriques, après avoir signé un accord pour céder sa technologie à une entreprise chinoise bien établie.
Partenariat stratégique avec une entreprise chinoise
Basée à Coventry, Volklec prévoit de fabriquer des batteries destinées aux voitures, bateaux, véhicules de construction et avions en utilisant la technologie de Far East Battery (FEB), un fabricant de batteries principalement pour vélos électriques. Pour diriger ses efforts, Volklec a recruté Phil Popham, ancien directeur général de Lotus Cars, en tant que directeur exécutif.
Une approche à faibles risques
Popham a souligné que l’entreprise adoptera une approche à faibles risques pour éviter les problèmes rencontrés par d’autres tentatives britanniques de production de batteries électriques à grande échelle. La startup vise à commencer la production de batteries cette année au UK Battery Industrialisation Centre (UKBIC), un centre de recherche financé en partie par le gouvernement situé dans les West Midlands.
Par la suite, elle cherchera un site pour construire une usine capable de produire des batteries avec une capacité cumulative de 10 gigawattheures (GWh) par an.

Le contexte du marché des batteries au Royaume-Uni
Le Royaume-Uni a éprouvé des difficultés à attirer des investissements dans la fabrication de batteries. Actuellement, deux entreprises possèdent des « gigafactories » dans le pays : AESC, détenue par des intérêts chinois, qui fournit l’usine Nissan de Sunderland, et Agratas, appartenant au conglomérat indien Tata, qui construit une usine à Somerset pour fournir des batteries à JLR, le fabricant de Jaguar et Land Rover. Ces usines visent des capacités totales de 38 GWh et 40 GWh respectivement, permettant de produire des batteries pour des centaines de milliers de voitures.
Popham a ajouté qu’il y avait un besoin pour une entreprise britannique spécialisée dans les batteries pour approvisionner d’autres entreprises n’ayant pas suffisamment de demande pour justifier une gigafactory.
Leçons du passé et avenir de Volklec
Malgré le partenariat avec Far East Battery, qui pourrait rendre Volklec vulnérable en période de tensions géopolitiques croissantes, les dirigeants de l’entreprise croient fermement en un marché solide pour un fabricant britannique indépendant. Imran Khatri, co-propriétaire de Volklec avec son frère Sameer, a précédemment investi dans Britishvolt, une autre startup britannique qui a fait faillite.
Popham a affirmé que Volklec tirerait parti des erreurs des autres en adoptant une approche « par étapes » qui minimisera autant que possible les risques. Il a précisé que les entreprises qui n’ont pas réussi ont souvent tenté d’atteindre une étape trop avancée trop rapidement.
Plan de production et investissements nécessaires
La première étape de Volklec consistera à produire 100 mégawattheures de batteries sur les lignes existantes du UKBIC, avant d’utiliser l’espace disponible pour produire un autre 1 GWh de batteries d’ici la fin de 2026. Cette phase de transition vers une gigafactory nécessitera un investissement d’environ 115 millions d’euros, avec 23 millions d’euros déjà engagés par les Khatri. La phase de production de 10 GWh nécessitera un investissement d’environ 1 milliard d’euros et au moins cinq ans de développement.