Se réveiller en sueurs, tremblant, le cœur qui bat très vite… Toute personne ayant déjà vécu un terrible cauchemar sait ce que ces mauvais rêves font à l’organisme. À long terme, ce type de rêve pourrait peser sur la santé, selon une étude scientifique récente.
Un stress bien réel, qui accélère le vieillissement
« Notre cerveau endormi ne peut pas distinguer les rêves de la réalité », explique le Dr Abidemi Otaiku, coauteur de cette étude et chercheur à Imperial College London. « C’est pourquoi les cauchemars nous réveillent souvent en sueur, à bout de souffle et le cœur battant la chamade – car notre réaction de combat ou de fuite est déclenchée. Cette réaction de stress peut être encore plus intense que tout ce que nous ressentons à l’état de veille », prévient le scientifique.
« Les cauchemars entraînent des augmentations prolongées du taux de cortisol, une hormone du stress étroitement liée à un vieillissement cellulaire plus rapide. Chez les personnes qui font fréquemment des cauchemars, ce stress accumulé peut avoir un impact significatif sur le processus de vieillissement », avertit le chercheur. « De plus, les cauchemars perturbent la qualité et la durée du sommeil, compromettant ainsi la régénération et la réparation cellulaires nocturnes essentielles. Les effets combinés du stress chronique et des troubles du sommeil contribuent probablement au vieillissement accéléré de nos cellules et de notre organisme », a averti le Dr Otaiku.
Trois fois plus de risque de mourir avant 70 ans
Selon l’étude présentée le 23 juin 2025 au congrès annuel de l’Académie européenne de neurologie, les cauchemars fréquents augmenteraient le risque de vieillissement biologique accéléré et multiplieraient par trois le risque de décès prématuré (avant 70 ans).
Ces observations résultent de l’analyse des données de 2 429 enfants âgés de 8 à 10 ans et de 183 012 adultes de 26 à 86 ans, suivis sur 19 ans en moyenne.
Les adultes déclarant faire des cauchemars chaque semaine avaient plus de trois fois plus de risques de mourir prématurément (avant 70 ans) que ceux qui en faisaient rarement, voire jamais. Les enfants et les adultes faisant des cauchemars plus fréquents présentaient également un vieillissement biologique plus rapide, responsable d’environ 40 % du risque accru de mortalité. Le vieillissement biologique a été mesuré via les télomères, ces séquences d’ADN situées à l’extrémité des chromosomes, qui raccourcissent à chaque division cellulaire et à mesure que l’on avance en âge.
Et cette association entre cauchemars fréquents et vieillissement accéléré est restée constante quels que soient l’âge, le sexe, l’origine ethnique et l’état de santé mentale des participants, suggérant un effet universel.
Ce que cela implique et comment agir
Pour les chercheurs, ces données soulignent la nécessité de prendre les cauchemars au sérieux et l’importance de réduire leur fréquence dans la population. Cela passe par de bonnes habitudes de sommeil, une bonne gestion du stress et une prise en charge de la dépression.
- Adopter des habitudes de sommeil régulières : coucher et lever à des heures fixes, nuit suffisamment longue, environnement propice au repos.
- Gérer le stress par des techniques de relaxation, de l’exercice physique et, si nécessaire, une prise en charge psychologique.
- Traiter les troubles de l’humeur, notamment la dépression, afin d’améliorer la qualité du sommeil et réduire les cauchemars.