Maladie : qu’est-ce que l’hypertension et à quoi est-elle due ?
Avec près d’un adulte sur trois touché, l’hypertension artérielle est la maladie chronique la plus répandue en France. Elle est aussi l’un des principaux facteurs de risque de maladies cardiovasculaires telles que les infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux.
L’hypertension artérielle correspond à une élévation anormale de la pression du sang dans les vaisseaux sanguins, avec une pression au repos supérieure ou égale à 140/90 mmHg. Elle est le plus souvent essentielle, c’est-à-dire sans cause clairement identifiée, mais peut être secondaire à une maladie identifiable. Pascal Nourtier, diététicien nutritionniste à Paris, rappelle ce cadre.
Environ neuf fois sur dix, l’hypertension est essentielle et multifactorielle. Alimentation déséquilibrée, surpoids ou obesity, sédentarité, tabagisme, consommation excessive d’alcool, stress chronique, prédisposition génétique et âge sont autant de facteurs incriminés dans sa survenue. Le reste du temps, l’hypertension est consécutive à une maladie sous-jacente (par exemple apnée du sommeil ou maladie rénale) ou à la prise de certains médicaments.
Outre les traitements médicamenteux, une alimentation saine est essentielle dans la prise en charge de cette maladie.
L’excès de sucre est-il mauvais pour l’hypertension ?
Plusieurs études récentes ont confirmé qu’une consommation élevée de sucre était associée à une élévation de la pression artérielle, même chez les enfants et les adolescents.
Plusieurs mécanismes seraient impliqués dans ce lien entre sucre (et notamment fructose) et hypertension.
« Tour d’abord, l’excès de sucre favorise l’insulino-résistance et l’adiposité viscérale, deux facteurs de risque d’hypertension artérielle. Une perte de poids de 5 à 10 % chez le patient hypertendu serait ainsi nécessaire et suffisant pour réguler la tension », affirme Pascal Nourtier.
Puis, une consommation importante de fructose — naturellement présent dans les fruits, mais surtout ajouté à de nombreux aliments transformés sous forme de sirop de maïs — est étroitement liée à l’augmentation de l’uricémie, c’est‑à‑dire la teneur en acide urique du sang. « Or, une hyperuricémie peut altérer le fonctionnement des reins, ce qui est un facteur de risque d’hypertension », explique le nutritionniste.
Dernier point, on sait désormais qu’une consommation importante de sucre facilite l’absorption intestinale de sel… directement incriminé dans l’élévation de la tension artérielle. « Ce phénomène repose sur le rôle d’un transporteur spécifique dans l’intestin grêle appelé SGLT1 (Sodium-Glucose Linked Transporter 1), une protéine présente sur les membranes intestinales, qui permet l’absorption active à la fois du glucose et du sodium : on parle de co-absorption », détaille Pascal Nourtier.
Sucre ou sel : qu’est-ce qui est le plus dangereux et aggrave le plus la tension ?
Les excès de sel, tout comme les excès de sucre, sont aujourd’hui directement incriminés dans l’apparition et l’aggravation de l’hypertension artérielle.
« Le sel et le sucre sont sensiblement aussi mauvais l’un que l’autre pour la tension artérielle. La différence réside dans le fait que l’excès de sel augmente plus rapidement la tension mais son effet est réversible plus rapidement, alors que l’excès de sucre a sans doute un effet plus à retardement, mais plus dur à inverser », précise Pascal Nourtier.
Sport, hygiène de vie : comment faire baisser naturellement et rapidement la tension artérielle ?
Que l’on soit hypertendu ou non, la tension artérielle peut varier tout au long de la journée en fonction de nombreux facteurs tels que le stress, les émotions, l’activité physique et le sommeil.
Lorsqu’elle est trop élevée, l’activité physique semble être le moyen le plus efficace pour la faire baisser rapidement. Un effort modéré dilate les vaisseaux sanguins et facilite la circulation, ce qui réduit la pression sur les parois des artères. Une marche rapide d’une dizaine de minutes, associée à une respiration profonde, peut ainsi réguler rapidement une tension trop élevée. La pratique régulière d’un sport fait aussi partie de l’approche thérapeutique générale pour traiter durablement l’hypertension. On recommande une pratique quotidienne de 30 minutes, adaptée aux capacités physiques du patient.
Lorsque le pic de tension est associé à un épisode de stress, plusieurs études ont montré que la méditation et la respiration diaphragmatique étaient des moyens efficaces pour réduire rapidement la tension artérielle. Lorsque ces techniques s’inscrivent dans une routine, elles deviennent également de vrais axes de traitement de l’hypertension.
Enfin, un bon sommeil est une pierre angulaire de la santé cardiovasculaire et de l’hypertension. Dormir moins de six heures par nuit est associé à un risque accru d’hypertension, pouvant être doublé selon les études.
Existe-t-il des aliments efficaces pour faire baisser la tension ?
L’alimentation est un axe essentiel dans la prise en charge de l’hypertension et des maladies cardiovasculaires. Elle passe en premier lieu par la réduction du poids corporel en cas de surpoids et par la réduction des apports en sucre et en sel.
Un apport de 5 à 6 g de sel par jour pourrait permettre de baisser la pression artérielle sans traitement, alors que la moyenne consommée est d’environ 8,5 g par jour.
Les recommandations portent ensuite sur des aliments frais (fruits et légumes, viandes maigres et poisson, céréales complètes et légumineuses). On limite les aliments ultratransformés, les charcuteries, les salaisons, le fromage et les produits sucrés, notamment les boissons sucrées. Le sirop de maïs est particulièrement pointé du doigt : une consommation quotidienne de plus de 74 grammes de sucre issu de ce sirop augmenterait le risque de tension artérielle.
Parmi les micronutriments importants à privilégier, le potassium occupe une place centrale. « Ce minéral permet une meilleure régulation du sodium. On le trouve en grande quantité dans les fruits et légumes, les légumineuses et les oléagineux », précise Pascal Nourtier.
Malgré leur apport en fructose, les fruits ne doivent pas être supprimés. « On peut en manger jusqu’à trois par jour, de préférence en fin de repas pour réduire la vitesse d’absorption du sucre », précise le professionnel.
Rappelons enfin que ces règles peuvent être suivies durablement et qu’il est toujours possible d’intégrer des écarts occasionnels. « Ce ne sont pas les extras qui font monter la tension, c’est la récurrence d’une alimentation trop sucrée, trop salée et/ou trop riche », conclut l’expert.
Quel traitement pour faire baisser la tension artérielle ?
Il existe cinq grandes classes de médicaments antihypertenseurs, souvent associées selon le profil du patient (âge, antécédents, tolérance, pathologies associées) et définies par le médecin traitant. L’objectif est de dilater les vaisseaux sanguins, de réduire le volume sanguin ou de ralentir le cœur pour abaisser durablement la tension artérielle.
- IEC (Inhibiteurs de l’Enzyme de Conversion) : influent sur la tension en favorisant la dilatation des vaisseaux.
- ARA2 (Antagonistes des Récepteurs de l’Angiotensine II) : bloquent les effets de l’angiotensine II, aidant à réduire la pression.
- Diurétiques thiazidiques : diminuent le volume sanguin en favorisant l’élimination de l’eau et du sel.
- Bêtabloquants : ralentissent le rythme cardiaque et réduisent la force de contraction du cœur.
- Inhibiteurs calciques (dihydropyridines) : détendent les vaisseaux sanguins et facilitent la circulation.