Contexte et chiffres clés sur le cancer de l’ovaire
En France, pour l’année 2018, le nombre estimé de nouveaux cas de cancer de l’ovaire était de 5 193. Le nombre estimé de décès pour la même période était de 3 479. Ce cancer est peu fréquent et peut rester longtemps asymptomatique, ce qui conduit souvent à un diagnostic à un stade tardif.
Une étude à la Mayo Clinic et un cas clé
Les médecins, les chercheurs et les patients de la Mayo Clinic ont travaillé ensemble pour en savoir plus sur cette maladie. L’étude a débuté lorsqu’une jeune femme de 22 ans, porteuse de deux maladies génétiques rares augmentant considérablement le risque de cancer, s’est présentée à la Mayo Clinic. Cette patiente était porteuse d’une mutation héréditaire du gène BRCA2, associée au syndrome HBOC, et d’une mutation héréditaire du gène TP53, qui cause le syndrome de Li‑Fraumeni. En outre, les chercheurs ont identifié la présence d’un kyste ovarien.
Modifications développementales identifiées dans les cellules
Après un examen plus approfondi, l’équipe a détecté des changements précoces cachés dans les cellules tapillant ses trompes de Fallope, révélant des signaux qui pourraient indiquer les premiers signes de cancer de l’ovaire avant l’apparition de symptômes ou de lésions visibles. « Notre équipe a aperçu un phénomène rare et révélateur dans la biologie épithéliale, découvert à travers les cellules d’une jeune patiente vivant avec des maladies génétiques à très haut risque », explique Nagarajan Kannan, directeur du laboratoire de biologie des cellules souches et du cancer à la Mayo Clinic et co-auteur principal de cette étude dont les conclusions ont été publiées dans JCO Precision Oncology.
L’équipe est parvenue à identifier de quelle manière les cellules épithéliales ont subi des modifications développementales signes d’un risque élevé de cancer de l’ovaire mortel. Ces informations pourraient ouvrir la voie à de futures stratégies de détection de la maladie à ses stades précancéreux précoces, lorsque la prévention est encore possible. « Nous savons que la forme la plus agressive et la plus courante du cancer de l’ovaire débute souvent dans la trompe de Fallope. Cependant, on ignore encore pourquoi et comment elle se développe. Comprendre comment le cancer de l’ovaire se développe et se forme pourrait non seulement permettre le développement d’outils de dépistage plus précoces, mais aussi des stratégies de réduction des risques plus personnalisées et une meilleure orientation quant au moment des interventions chirurgicales préventives et à la planification de la fertilité », assure le Dr Bakkum-Gamez, co-auteur principal de cette étude.
Des signes d’alerte et ce que cela implique
Comme l’expliquent les scientifiques, une trompe de Fallope saine est constituée de deux principaux types de cellules épithéliales. Mais, dans l’échantillon prélevé chez la patiente, ils ont constaté que les cellules sécrétoires étaient largement plus nombreuses que les cellules multiciliées dans la trompe de Fallope. Ils ont également découvert que les cellules sécrétoires étaient à l’origine d’une inflammation chronique, un facteur reconnu du développement du cancer. « Grâce au séquençage de l’ARN monocellulaire, nous avons pu observer les perturbations du développement des cellules tapissant la lumière des trompes de Fallope », explique Megan Ritting, co-auteure principale et doctorante à la Mayo Clinic Graduate School of Biomedical Sciences.
Enfin, certains symptômes doivent pousser à une consultation médicale selon Gustave Roussy, tels que une sensation de gêne abdominale, une augmentation du volume de l’abdomen, des troubles urinaires et des douleurs pelviennes.
Signes cliniques et facteurs de risque
Pour le cancer de l’ovaire, il existe des facteurs de risque tels que l’âge, le surpoids et l’obésité, les règles précoces, la ménopause tardive et l’absence de grossesse.
Perspectives et avenir du dépistage
Ces découvertes offrent des perspectives importantes pour le dépistage précoce et la prévention du cancer de l’ovaire. En comprenant mieux le développement de la maladie et les signaux précoces qui la précèdent, les chercheurs espèrent développer des outils de dépistage plus efficaces et des stratégies de réduction du risque plus personnalisées, notamment en matière de planification familiale et d’interventions préventives.
Les résultats ouvrent la voie à des approches plus précoces et ciblées, susceptibles d’influencer les décisions cliniques et la surveillance des femmes à haut risque génétique.