Symptômes méconnus du cancer de la vulve : Témoignage d’une professeure de Pilates
À l’âge de 27 ans, avec un bébé de neuf mois à gérer, Louise a découvert une étrange tache sur sa vulve. Prise d’inconfort dans ses pantalons et freinée dans ses rapports sexuels, elle a décidé de consulter un médecin lorsque la tache est devenue ulcérée et noircie. La biopsie qui s’ensuivit révéla un diagnostic implacable : un cancer de la vulve, très agressif.
Comprendre le cancer de la vulve
Le cancer de la vulve est relativement rare, représentant seulement 3 à 5 % des cancers chez la femme. Il se manifeste principalement chez les femmes ménopausées et se développe à partir de lésions précancéreuses qui peuvent être liées ou non à une infection par le Papillomavirus (HPV). Cependant, ces lésions peuvent passer inaperçues, ne causant aucun symptôme ou provoquant des démangeaisons et des brûlures. Il est crucial de consulter un médecin si des démangeaisons vulvaires persistent malgré un traitement antimycosique.
Facteurs de risque associés
Plusieurs facteurs de risque augmentent les chances de développer un cancer de la vulve, parmi lesquels :
- Le tabagisme
- L’âge avancé
- Les infections par le HPV au niveau du col de l’utérus, de la vulve ou du vagin
- Une immunodépression liée à un traitement ou congénitale
Le parcours de Louise : Un combat difficile
Pour Louise, l’urgence était de retirer la tumeur. « J’ai été opérée et ils ont fini par retirer mes petites lèvres gauches. Après cette intervention, les médecins craignaient que le cancer ne se propage aux ganglions lymphatiques de l’aine. Ils ont donc retiré ces ganglions pour les analyser. Heureusement, il n’y avait pas de cancer à cet endroit, et je n’ai pas eu besoin de chimiothérapie ou de radiothérapie », raconte-t-elle.
La convalescence de Louise n’a pas été de tout repos. « J’ai subi des fuites de liquide lymphatique pendant des jours. En plus de mon jeune enfant, j’ai dû gérer une infection sur la zone opérée. J’avais un trou béant de la taille d’une pièce de monnaie sur le haut de ma cuisse. »
Une affection cutanée ignorée
Après réflexion, Louise a réalisé qu’elle avait souffert toute sa vie d’une affection cutanée sur la vulve, connue sous le nom de lichen scléreux. Cette condition provoque des taches blanches et des démangeaisons sur le vagin ou sur d’autres parties du corps. « Je pensais que d’autres femmes en souffraient également, alors je l’avais ignoré. Pourtant, il est désormais prouvé qu’il existe un lien subtil entre le lichen scléreux et le cancer de la vulve », explique-t-elle.
Un nouveau combat, 15 ans plus tard
Quinze ans après son premier diagnostic, Louise a dû de nouveau faire face à un cancer de la vulve. « La peau est devenue de plus en plus épaisse et, finalement, un autre cancer a été diagnostiqué », raconte-elle. Cette fois-ci, la tumeur était plus facile à extraire. « La première fois, le symptôme ressemblait à une brûlure. Quinze ans plus tard, c’était comme une mauvaise herbe. C’était plutôt comme une peau qui pousse sur une autre peau. »
Pour réduire le risque de récidive, Louise a essayé différentes solutions, des crèmes stéroïdes prescrites aux remèdes naturels. « En tant que professeure de Pilates, je veille à manger sainement, à bouger régulièrement et à écouter mon corps. J’ai essayé d’éliminer le gluten et les produits laitiers de mon alimentation », précise-t-elle.
Un retour partiel aux sensations sexuelles
Après son second diagnostic de cancer, Louise craignait de perdre ses sensations sexuelles. « Pour être honnête, c’était secondaire par rapport au désir de guérir. Mais j’espérais encore connaître le plaisir dans ma vie », confie-t-elle.
Heureusement, les terminaisons nerveuses du clitoris sont complexes et reviennent souvent avec le temps. « J’ai récupéré environ 65 % de mes sensations sexuelles, ce qui est bien », explique-t-elle.
Louise encourage vivement toute personne ayant des symptômes similaires à consulter un médecin. « Écoutez votre voix intérieure. Vous n’avez rien à perdre et tout à gagner. »