Depuis leur mise sur le marché, l’intérêt pour les médicaments antidiabétiques à base de sémaglutide — notamment Wegovy et Ozempic — ou de tirzépatide (Mounjaro) ne faiblit pas. Bien que les résultats en matière de perte de poids vantés sur les réseaux sociaux soient impressionnants, les professionnels de santé restent vigilants face à l’ampleur de la demande. Cette dynamique interroge à la fois l’éligibilité médicale et les risques de détournement ou de dérive dans l’usage de ces traitements.
Un engouement qui laisse entrevoir un risque de pénurie
La National Pharmacy Association (NPA), qui représente plus de 6 000 pharmacies britanniques, a mené un sondage auprès de 2 002 personnes. Environ 21 % des sondés ont avoué avoir tenté de se procurer ce type de médicament, que ce soit en ligne ou en pharmacie. Parmi les 16-34 ans, ce chiffre atteint 35 %. Ces résultats soulignent une pression croissante sur les stocks et alimentent les craintes d’une pénurie potentielle.
« Les injections de perte de poids constituent l’une des plus grandes innovations médicamenteuses de ce siècle, mais la demande croissante de traitements de perte de poids impose de veiller à ce qu’ils conviennent à ceux qui en bénéficient réellement », a déclaré Olivier Picard, président de la NPA. Il estime que l’intérêt général est souvent supérieur au nombre de patients éligibles pour ce type de traitement.
Une “bombe à retardement” en matière de santé publique
Selon un article de la BBC, des professionnels de santé et des journalistes décrivent la simplicité avec laquelle certaines personnes pourraient obtenir de l’Ozempic, du Mounjaro ou encore du Wegovy en ligne. Certaines personnes photographient même leurs pieds sur la balance pour faire apparaître des chiffres élevés et obtenir rapidement le traitement. Une fois le médicament en main, beaucoup se retrouvent démunis quant à la fréquence d’injection, à la dose nécessaire et à la méthode pour arrêter le traitement une fois l’objectif de perte de poids atteint.
Les pharmaciens s’inquiètent ainsi du manque de contrôle autour de ces produits, évoquant une potentielle « bombe à retardement » pour la santé publique. Ces traitements présentent des effets indésirables et nécessitent un suivi médical sur le long terme pour prévenir les complications et adapter les dosages.
À l’heure actuelle, aucun sondage ne garantit un intérêt similaire chez les Français, et la vente en ligne de médicaments sur ordonnance demeure interdite dans l’Hexagone. En France, Wegovy et Mounjaro ne sont disponibles que sur ordonnance médicale, avec des conditions strictes de prescription destinées à limiter les dérives liées à leur essor.
Cadre réglementaire et accès en France
En France, Wegovy et Mounjaro ne peuvent être prescrits que par un médecin et sous des conditions précises, afin d’assurer une évaluation adaptée des patients obèses et/ou diabétiques. Ce cadre vise à prévenir les usages non médicalisés et à garantir un suivi médical régulier, essentiel pour surveiller les effets indésirables et ajuster le traitement si nécessaire.
La réglementation française rappelle également que la vente en ligne de médicaments sur ordonnance est interdite, renforçant le contrôle autour de ces traitements et protégeant les patients des achats non sécurisés.
Points clés à retenir
- Wegovy, Ozempic et Mounjaro sont des traitements destinés principalement à des patients obèses et/ou diabétiques et ne doivent pas être utilisés comme simple produit minceur.
- La demande croissante peut impacter l’accès au traitement et accroître les risques de pénurie, d’où l’importance d’un encadrement médical rigoureux.
- Un suivi médical à long terme et une surveillance des effets indésirables sont indispensables pour prévenir les complications.
- En France, ces médicaments ne sont disponibles que sur ordonnance et dans le cadre de règles strictes destinées à limiter les dérives.