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La « phase deux » de l’accord sur Gaza, poussée par Washington et au cœur de la rencontre attendue entre Benjamin Netanyahou et Donald Trump en Floride, prévoit des retraits supplémentaires des forces israéliennes de la bande de Gaza et du sud du Liban sans démantèlement préalable des capacités militaires du Hamas et du Hezbollah. Cette perspective suscite une vive inquiétude du Premier ministre israélien : elle menace, davantage que l’ordre sécuritaire, la stabilité de son fragile gouvernement de coalition.
La manœuvre de Netanyahou
Confronté à des pressions américaines et à un refus catégorique des partis d’extrême droite de son coalition, Netanyahou cherche à éviter un affrontement direct avec la Maison-Blanche. Il tente donc de ménager les deux bords en retardant la mise en œuvre, en conditionnant tout retrait à des garanties sécuritaires strictes ou en réclamant des compensations politiques et militaires.
Pourtant, l’exécutif est fragilisé : l’impasse sur la loi de conscription des ultra‑orthodoxes et la crainte d’élections anticipées rendent toute concession risquée. Selon des observateurs, le Premier ministre redoute que le moindre engagement public en faveur de la phase deux n’entraîne le départ de partenaires clés de la coalition et la perte de la majorité parlementaire.
- Reporter la phase deux;
- Exiger des garanties sécuritaires américaines;
- Négocier des contreparties politiques, y compris des soutiens formels.
Une précèdent perçu comme dangereux
Au sein de la droite israélienne, la phase deux est perçue comme une « précédente » dangereuse : un retrait sans victoire décisive qui laisserait intactes les capacités militaires des groupes armés. Cette lecture heurte le récit de « restauration de la dissuasion » que Netanyahou a promu depuis le déclenchement du conflit.
Les critiques estiment que l’acceptation d’une telle étape pourra être exploitée politiquement contre le Premier ministre, présentée comme un échec à atteindre les objectifs militaires affichés et comme une concession stratégique au Hamas et au Hezbollah.
Pressions américaines et calculs politiques
Washington fait pression pour avancer sur la phase deux, tandis que des éléments de l’administration américaine chercheraient à obtenir un succès diplomatique visible dans la région. Des allégations circulent également sur un soutien politique et personnel dont Netanyahou pourrait bénéficier de la part de responsables américains, ce qui complexifie ses choix.
Sur le plan opérationnel, des voix militaires évoquent une influence américaine significative sur le calendrier et les modalités d’exécution, ce qui laisse peu de marge de manœuvre à Jérusalem sans concessions visibles.
Gagner du temps pour préserver la coalition
Face à ce dilemme, Netanyahou semble privilégier des tactiques d’attente et de marchandage. Il cherchera, selon des commentateurs, à obtenir des garanties de désarmement des groupes armés ou, à défaut, des compensations politiques et sécuritaires avant d’entamer tout retrait.
En conséquence, la mise en œuvre de la phase deux risque d’être vidée de sa substance ou remise à plus tard, afin d’éviter qu’elle devienne le déclencheur d’une crise gouvernementale. Mais ce report n’efface pas le paradoxe : avancer sans coalition stable est impossible, et céder trop peu risque d’irriter Washington.
Enjeu intérieur autant qu’international
Au final, la question de la phase deux de l’accord Gaza dépasse le seul cadre sécuritaire. Elle cristallise un conflit entre impératifs internationaux et réalités politiques intérieures. Pour Netanyahou, chaque option comporte un prix — soit face aux alliés de la droite, soit face à son principal partenaire américain.
Ainsi, la mise en œuvre de la phase deux accord Gaza restera, dans les semaines à venir, un indicateur clé de l’équilibre entre pressions extérieures et survie politique du gouvernement israélien.