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Ramadan à Gaza se vit cette année au rythme du chant et de la résilience : malgré les destructions et les camps de déplacés qui jalonnent la ville, des camions diffusant des madih parcourent les rues, semant les notes des anashîd et les invocations qui marquent l’entrée du mois sacré.
Des camions de madih qui redonnent le sourire
Des habitants ont filmé des scènes où une camionnette, liée à un comité égyptien, circule en ville avec une troupe de muezzins et de chanteurs religieux. Les anashîd et les louanges au Prophète sont entonnées à pleine voix, suscitant joie et émotion parmi les passants.
Les images montrent des familles qui sortent dans la rue pour suivre le cortège sonore, certains applaudissant, d’autres répondant par des chants. Ces moments improvisés réintroduisent une atmosphère de fête dans des quartiers marqués par la douleur.
Décorations dans les camps et sur les façades détruites
Dans les camps de déplacement, les tentes sont ornées de guirlandes et de lanternes traditionnelles. À proximité, des murs calcinés et des immeubles éventrés ont été peints à la main avec des représentations de la coupole du Rocher et des motifs ramadanesques.
Ces gestes symboliques préparent l’accueil du mois sacré et témoignent d’un attachement profond aux rituels et à l’esthétique du Ramadan, malgré l’absence de biens matériels et le manque d’intimité pour de nombreuses familles.
Pratiques collectives et maintien des traditions
Outre les tournées musicales, les habitants participent à des veillées religieuses dans les espaces ouverts, où se tiennent des prières de tarawih et des récitations coraniques. Des rassemblements simples permettent aux familles et aux voisins de partager un moment d’apaisement et de solidarité.
Des enregistrements et des diffusions de chants religieux circulent aussi dans les rues via des véhicules, recréant la bande sonore du Ramadan et rappelant la permanence des traditions même en temps de crise.
Un symbole de résistance et d’espoir
Pour nombre d’habitants, ces initiatives modestes sont davantage que des manifestations religieuses : elles représentent une réponse collective à l’épuisement causé par la guerre et les privations. Les participants soulignent que ces moments restaurent le moral et renforcent les liens sociaux.
Les activistes et témoins insistent sur le fait que, malgré la douleur et la destruction, la célébration du Ramadan à Gaza reste un acte de résistance culturelle et spirituelle, une manière pour la population de préserver sa dignité et son espoir.
Formes de célébration observées
- Tournées de camions diffusant des madih et des anashîd.
- Décoration des tentes et peintures murales sur les bâtiments endommagés.
- Prieres collectives en plein air et veillées de tarawih.
- Rassemblements communautaires et échanges de repas simples entre voisins.