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Soudan : l’ONU déploie un vol humanitaire à Khartoum, Al-Fashir visée

par Sara
Soudan, Royaume-Uni, Allemagne, Irlande, Pays-Bas, Norvège, Égypte

La première liaison humanitaire de l’ONU a atterri à l’aéroport de Khartoum ce jeudi, la première depuis le début du conflit au Soudan. Parallèlement, l’Organisation des Nations unies a estimé que l’attaque des Forces de soutien rapide (RSF) contre la ville d’Al-Fashir relève de crimes de guerre et présente des traits à caractère génocidaire, selon un communiqué conjoint de plusieurs ministres des Affaires étrangères.

Un vol attendu par les équipes de secours

La coordinatrice humanitaire pour le Soudan, Denise Brown, a souligné l’importance de cet atterrissage pour les organisations d’aide qui tentent d’accéder à des millions de personnes vulnérables. Cette reprise limitée des liaisons civiles et humanitaires intervient dans un contexte d’accès restreint et de besoins croissants.

Les opérateurs humanitaires espèrent que d’autres rotations permettront d’acheminer des vivres, des médicaments et des fournitures médicales, alors que les besoins s’accentuent dans tout le pays.

Bilan humain et accusations portées devant le Conseil des droits de l’homme

Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré devant le Conseil des droits de l’homme que le nombre de civils tués a plus que doublé en 2025 par rapport à l’année précédente. Il a mis en garde contre des milliers de morts dont l’identité reste à établir et de nombreux disparus.

Türk a qualifié le conflit de « sanglant et insensé », pointant la responsabilité des deux belligérants qui refusent jusqu’ici toute trêve humanitaire. Il a aussi dénoncé le rôle de soutiens extérieurs qui contribuent à faire de ce conflit « un affrontement hautement technologique ».

Selon lui, des massacres ont été commis, notamment lors de l’attaque du camp de déplacés de Zamzam en avril et lors des opérations d’octobre à Al-Fashir, ancienne place forte de l’armée au Darfour. Il a par ailleurs alerté sur la hausse des violences sexuelles, recensant plus de 500 victimes en 2025, et sur l’usage des corps de femmes comme moyen d’intimidation des communautés.

Réactions internationales et mise en garde

La « groupe de pays de base » sur le Soudan, réuni au niveau ministériel, a estimé que les violences menées par les RSF à Al-Fashir constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, affichant des caractéristiques génocidaires. Les États impliqués ont annoncé leur intention de former un front commun pour prévenir de nouvelles atrocités.

La ministre britannique des Affaires étrangères a notamment appelé à un arrêt immédiat des flux d’armement vers le pays et a exhorté les parties au conflit à revenir à la table des négociations. Selon plusieurs diplomates, une action internationale rapide est nécessaire pour mettre fin aux crimes et garantir la justice pour les victimes.

Réponses soudanaises et sanctions

Du côté soudanais, le ministre de la Justice, Abdallah Derf, a salué les sanctions adoptées par le Conseil de sécurité à l’encontre de cadres de terrain des RSF. Il a indiqué que la procédure de classification des RSF comme organisation terroriste progresse selon plusieurs axes, en coordination avec des partenaires internationaux.

Le ministre a appelé à la poursuite des efforts pour tenir l’ensemble de la structure responsable et a affirmé que les critères requis pour une telle qualification — y compris les actes de génocide et les déplacements forcés — sont réunis. Le Conseil de sécurité avait déjà imposé des mesures ciblées, dont des interdictions de voyage et le gel des avoirs, à l’encontre de hauts responsables des RSF, dont leur chef Mohamed Hamdan « Hemeti » Dagalo et plusieurs de ses lieutenants.

Appui régional et situation militaire

Sur le plan régional, le président égyptien a confirmé, lors d’une rencontre avec le chef du gouvernement soudanais, le soutien de son pays à l’unité et à la stabilité du Soudan. Il a aussi évoqué les efforts égyptiens aux niveaux régional et international pour œuvrer à la fin des hostilités et soulager la détresse humanitaire.

Sur le terrain, des rapports font état d’une colonne des RSF ayant bombardé des positions et sites dispersés dans la localité de Wad Ashana, au nord du Kordofan. Ces incidents s’inscrivent dans la prolongation d’un conflit commencé en avril 2023 et qui a engendré l’une des pires crises humanitaires contemporaines.

Un conflit aux conséquences dévastatrices

La guerre entre l’armée et les RSF a fait des dizaines de milliers de morts et contraint près de 13 millions de personnes à fuir leurs domiciles. Les Forces de soutien rapide contrôlent aujourd’hui la majeure partie des cinq États du Darfour, tandis que l’armée conserve des poches d’influence dans le nord du Darfour et dans les autres régions, y compris Khartoum où se concentre une grande partie des 50 millions d’habitants du pays.

Alors que les besoins humanitaires continuent d’exploser, les acteurs internationaux et régionaux appellent de nouveau à une mobilisation pour imposer une trêve et permettre un accès sûr et durable de l’aide aux civils.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/26/%d9%87%d8%a8%d9%88%d8%b7-%d8%a3%d9%88%d9%84-%d8%b7%d8%a7%d8%a6%d8%b1%d8%a9-%d8%a5%d9%86%d8%b3%d8%a7%d9%86%d9%8a%d8%a9-%d8%a3%d9%85%d9%85%d9%8a%d8%a9-%d8%a8%d8%a7%d9%84%d8%ae%d8%b1%d8%b7%d9%88%d9%85

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