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Le Pakistan a lancé des frappes aériennes contre Kaboul et d’autres villes afghanes, évoquant une « guerre ouverte » avec les autorités talibanes, après des attaques contre des positions pakistanaises le long de la frontière. Les deux pays revendiquent des pertes importantes, dans ce qui constitue une nouvelle escalade des tensions. Ce développement aggrave les Pakistan Afghanistan affrontements qui couvaient depuis plusieurs mois.
Une escalade transfrontalière
Le ministre de la Défense pakistanais a déclaré que la « patience » d’Islamabad était à bout et a présenté les frappes comme une réponse forcée à une « agression » venue d’Afghanistan. Selon des témoins et des correspondants sur place, des combats ont été observés près du poste-frontière de Torkham, notamment aux abords de Landi Kotal, où des tirs d’artillerie lourde ont été entendus.
Des sources locales indiquent en outre qu’un hôpital de 20 lits à Torkham aurait été visé par des bombardements aériens, provoquant des blessés parmi le personnel et l’évacuation du personnel médical vers un lieu sécurisé.
Bilan et revendications contradictoires
Les deux camps présentent des bilans lourdement contradictoires. L’armée pakistanaise affirme avoir tué 228 combattants talibans et en avoir blessé 314, tout en détruisant 74 postes et en capturant 18 positions. Islamabad signale également 27 blessés côté pakistanais.
De son côté, le ministère afghan de la Défense annonce la mort de 55 soldats pakistanais lors de ses opérations et affirme avoir capturé plusieurs d’entre eux, tout en reconnaissant huit soldats afghans tués et onze blessés. Ces chiffres n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.
Frappes sur Kaboul et Kandahar
Des raids aériens ont touché la capitale afghane très tôt dans la nuit, selon des témoignages locaux, provoquant l’ouverture du feu des canons anti-aériens. Des avions pakistanais auraient également visé une base militaire dans la province de Kandahar, au sud du pays.
Par ailleurs, Islamabad affirme cibler des forces talibanes actives dans plusieurs districts de la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa. Kabul annonce, pour sa part, avoir réalisé des frappes à l’aide de drones contre des cibles au Pakistan, tandis que les autorités pakistanaises affirment que des drones ont été abattus sans faire de victimes grâce à des systèmes anti-drones.
Contexte et sources du conflit
Les relations entre les deux voisins se sont fortement dégradées depuis des affrontements d’octobre ayant fait plus de soixante-dix morts des deux côtés. Islamabad accuse Kaboul d’avoir toléré sur son territoire des groupes armés, notamment les talibans pakistanais, qui lanceraient des attaques contre le Pakistan.
Le ministre pakistanais a assuré que son pays avait privilégié la diplomatie et la médiation par des pays amis, mais qu’il considérait désormais les talibans afghans comme un relais pour des acteurs externes. De son côté, l’ancien président afghan Hamid Karzai a appelé à l’unité nationale pour défendre le pays et a exhorté à un changement de politique de voisinage de la part du Pakistan.
Réactions internationales et appels à la retenue
La communauté internationale appelle à une désescalade immédiate. Le Secrétaire général des Nations unies a demandé aux parties de respecter le droit international humanitaire et de protéger les civils, tout en encourageant le recours aux voies diplomatiques. Plusieurs pays, dont la Chine, l’Iran et la Russie, ont exprimé leur préoccupation et proposé leur médiation.
Des experts estiment que cette série d’attaques marque un changement de stratégie, avec des opérations plus « cinétiques » de la part du Pakistan après une série d’attentats sur son sol. Des voix diplomatiques préconisent la négociation d’un accord bilatéral garantissant que les territoires de chacun ne servent pas de base pour menacer l’autre, monitoré par une tierce partie de confiance.
Les affrontements amplifient le risque pour les populations civiles le long de la frontière et dans les zones urbaines touchées. Tandis que les combats se poursuivent, les appels à la retenue et à la reprise du dialogue diplomatique se multiplient pour éviter une confrontation prolongée aux conséquences humanitaires lourdes.