L’inflation aux États-Unis a nettement accéléré en mars, portée surtout par la flambée des prix de l’énergie dans un contexte de guerre avec l’Iran et de perturbation du marché pétrolier mondial. Selon le Bureau of Labor Statistics, publié vendredi, les prix à la consommation ont progressé de 0,9 % sur un mois, contre 0,3 % en février. Il s’agit de la hausse la plus marquée depuis mai 2022, au plus fort de la crise du coût de la vie.
La poussée est principalement liée à l’énergie, avec une envolée de 21,2 % du prix de l’essence et de plus de 30 % pour le fioul domestique. Le rapport officiel précise que l’indice de l’énergie a augmenté de 10,9 % en mars, sa plus forte progression mensuelle depuis septembre 2005. Cette tension s’explique par les secousses provoquées sur les marchés après le conflit déclenché fin février entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Au cœur de la crise, le détroit d’Hormuz a été fermé par Téhéran, ce qui a fait grimper les cours du pétrole et du gaz à l’échelle mondiale. Le baril a atteint 120 dollars pendant les combats, contre environ 70 dollars le 27 février. Aux États-Unis, le gallon d’essence a dépassé 4,10 dollars, alors qu’il se situait sous les 3 dollars avant le début des hostilités.
Un cessez-le-feu de deux semaines a ensuite été conclu entre Washington et Téhéran, avec la promesse d’une levée du blocus sur Hormuz. Malgré ce répit, le trafic maritime dans ce couloir stratégique reliant le Golfe à l’océan Indien reste très inférieur à son niveau d’avant-guerre. L’agence de presse iranienne Fars a également indiqué mercredi que des pétroliers avaient été suspendus de passage dans le détroit, en réponse à l’assaut israélien au Liban.
Avant la guerre, près de 20 % du pétrole mondial transitait par cette voie maritime. Même si l’apaisement sur les marchés a fait refluer le prix du baril sous les 100 dollars, les automobilistes américains continuent de payer leur carburant à un niveau élevé, avec une moyenne de 4,15 dollars le gallon selon l’American Automobile Association. Les économistes estiment qu’il faudra encore plusieurs mois avant un retour à la normale.
Cette publication intervient alors que la question du pouvoir d’achat occupe une place centrale dans le débat politique américain, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. Les opposants démocrates de Donald Trump critiquent la décision d’avoir engagé cette guerre sans l’aval du Congrès, soulignant le coût économique supplémentaire pour les ménages. La Maison Blanche, de son côté, défend des hausses de prix qualifiées de « douleur à court terme », censées être compensées par les gains attribués à la défaite de l’Iran.
Dans ce contexte, une délégation américaine conduite par le vice-président JD Vance se rend au Pakistan pour rencontrer des responsables iraniens. L’objectif affiché est de finaliser un accord de cessez-le-feu durable, alors que les marchés restent suspendus à l’évolution des négociations et à la stabilité du détroit d’Hormuz.