La demande du Pentagone pour un financement supplémentaire de 200 milliards de dollars destiné à la guerre en Iran a été vivement contestée jeudi au Congrès américain. Démocrates et même certains républicains ont remis en cause la nécessité d’un tel montant, surtout après les allocations massives déjà votées pour la défense ces derniers mois.
Opposition et incertitudes à Washington
Selon un responsable américain, le département de la Défense a demandé à la Maison-Blanche de soumettre au Congrès une requête dépassant les 200 milliards de dollars pour financer les opérations contre l’Iran. À ce stade, le président n’a pas encore transmis officiellement de demande au Sénat ni à la Chambre des représentants.
La Maison-Blanche a toutefois indiqué que le montant pouvait évoluer. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a reconnu lors d’une conférence de presse que « ce chiffre peut naturellement changer » et a justifié le besoin de fonds en déclarant que « tuer les mauvais nécessite de l’argent ».
Des coûts estimés inédits
Les premières indications laissent entendre que cette guerre pourrait devenir la plus coûteuse pour les États-Unis depuis les campagnes prolongées en Irak et en Afghanistan. Les responsables de l’administration ont informé les législateurs que les six premiers jours du conflit ont entraîné des dépenses dépassant 11 milliards de dollars.
En outre, les sondages montrent que l’opération manque de soutien populaire : environ un Américain sur quatre seulement se dit favorable à la guerre.
Les élus exigent des précisions
À mesure que le conflit entre dans sa troisième semaine, des parlementaires démocrates et quelques républicains ont demandé des explications détaillées sur les objectifs et le calendrier des opérations. Ils soulignent l’ampleur humaine et économique des combats, ainsi que leurs répercussions sur les marchés de l’énergie et la stabilité financière mondiale.
La députée démocrate Pramila Jayapal a exprimé son incredulité face à la demande de fonds : « Nous venons d’apprendre que le Pentagone demande 200 milliards de dollars supplémentaires pour cette guerre. Comment allons-nous payer cela ? C’est complètement absurde. »
Le sénateur démocrate Chris Van Hollen a estimé que la question du financement devait être au centre des débats au Congrès, ajoutant que « la meilleure façon de mettre fin à une guerre est souvent de couper son financement ».
Certains républicains ont également paru surpris par l’ampleur de la somme. La sénatrice Susan Collins, présidente de la commission des crédits, a déclaré que le montant était supérieur à ses attentes et a demandé la tenue d’une audition publique pour examiner la requête.
Un contexte budgétaire déjà chargé
Le Congrès, contrôlé par les républicains, a déjà approuvé des financements record pour l’armée depuis le début du second mandat du président. Le mois dernier, le président a signé la loi de crédits de la défense pour l’exercice 2026, dont le montant avoisinerait 840 milliards de dollars.
Par ailleurs, un vaste projet de loi adopté l’été précédent, malgré l’opposition démocrate, incluait près de 156 milliards de dollars supplémentaires pour la défense. Face à ces montants, les démocrates s’interrogent sur la justification d’une nouvelle enveloppe aussi importante, tandis que des services sociaux et des programmes d’aide ont subi des coupes récentes.
- Six premiers jours du conflit : plus de 11 milliards de dollars dépensés.
- Crédits défense exercice 2026 : environ 840 milliards de dollars.
- Mesure antérieure intégrant 156 milliards pour la défense.
Le débat au Congrès devrait s’intensifier dans les semaines à venir, alors que les parlementaires exigent davantage de transparence sur l’utilisation prévue des fonds et les perspectives d’issue du conflit. Le dossier du financement guerre Iran s’annonce comme l’un des principaux points de friction entre l’exécutif et le législatif.