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    Comment un meurtrier a attisé la violence anti-musulmane au Royaume-Uni

    Comment un meurtrier a attisé la violence anti-musulmane au Royaume-Uni

    Le meurtrier des trois fillettes de Southport, dans le nord-ouest de l’Angleterre, n’est ni musulman, ni immigrant, et son nom n’est pas Ali. En réalité, le tueur, prénommé Axel, est né en Angleterre et ses parents assistent régulièrement à l’église. La représentation du tueur présentée par les autorités n’a pas réussi à endiguer la violence populiste dirigée contre les musulmans, tant dans des actes individuels que contre des établissements. Comme si les musulmans recevaient ce qu’ils méritaient en raison de défauts moraux incrustés dans leur ADN, même s’ils ne sont pas responsables cette fois-ci.

    La chaîne narrative a émergé sur la plateforme X, via le compte dénommé « Europe Invasion ». En quelques heures, le post énonçant que « le tueur est musulman et immigrant » a cumulé six millions de vues. Ce récit s’est rapidement répandu sur d’autres plateformes, et la communauté britannique a réagi violemment à ce message. Des incendies ont ravagé des dizaines de mosquées et plusieurs centres d’accueil, y compris des hôtels accueillant des immigrants irréguliers.

    Ce qui est encore plus choquant et dangereux que les destructions matérielles et des lieux de culte, c’est la peur et la terreur qui ont envahi la communauté musulmane, en particulier les femmes, qui ont subi une avalanche de menaces de viol et autres agressions.

    La réaction du gouvernement

    Le gouvernement britannique, par l’intermédiaire de son Premier ministre, a imputé la responsabilité à l’extrême droite. La vague de violence s’est exclusivement dirigée contre les musulmans, tant des individus que des infrastructures, touchant presque tout le Royaume, de l’Angleterre à l’Irlande du Nord. Il est évident que ce phénomène dépasse de loin le simple « harcèlement de la droite » comme l’affirme Sir Keir Starmer, et que ses racines profondes alimentent cette montée de la violence.

    Une étude réalisée par le UK Home Office a révélé une augmentation dramatique des crimes haineux au Royaume-Uni au cours de la dernière décennie. Au nombre d’environ 4000 en 2012, ces crimes ont explosé pour atteindre 110 000 en 2022. Cette étude définit le crime haineux comme un acte agressif motivé principalement par l’origine ethnique ou la religion. Selon l’enquête, près de la moitié de ces crimes étaient dirigés contre des musulmans et des Arabes.

    Les racines de l’islamophobie en Grande-Bretagne

    Les racines de la haine envers les Arabes et l’Islam au Royaume-Uni sont à la fois profondes et larges. Elles se manifestent dans l’ensemble du discours culturel, médiatique et politique. Récemment, le Centre de surveillance des médias (CfMM) a réalisé une enquête sur « la couverture médiatique britannique de l’Islam entre 2018 et 2020 ». L’enquête a analysé 48 000 articles et 5 500 clips traitant du sujet des musulmans.

    Cette vaste analyse des données a révélé des informations préoccupantes. Elle a montré que 60 % des articles en ligne et 47 % des segments télévisés associaient Islam/musulmans à des comportements négatifs, incluant des tendances criminelles. Les données indiquent qu’un article sur cinq concernant l’Islam met l’accent sur le terrorisme comme point de départ de la discussion. La droite et la gauche ne diffèrent que par le degré et non par la nature lorsqu’il s’agit de couvrir l’Islam.

    Les discours politiques et le racisme culturel

    En 2018, Boris Johnson, alors Premier ministre, a publié un article dans le Telegraph dans lequel il qualifiait le voile islamique de « boîte aux lettres ». Cette déclaration a provoqué un tollé et a été largement critiquée. Dans son discours, Johnson flattait l’extrême droite, selon l’expression du président du Conseil islamique britannique, tout en traduisant un courant général qu’il connaissait bien.

    Le double discours politique et la flatterie des extrémistes sont des tactiques employées par les partis centristes. À Berlin, Merz, le chef des chrétiens-démocrates et potentiel chancelier allemand, a déclaré que son pays n’accepterait pas de réfugiés de Gaza car il y a déjà assez d’antisémitisme dans la région.

    Contexte actuel et montée de la violence anti-musulmane

    Le conflit à Gaza a déclenché une saison de surenchères politiques et de provocations, mêlant la question des musulmans à celle de l’immigration, tout en étouffant les crimes anti-musulmans qui ont augmenté de 365 % au Royaume-Uni en 2023. Les musulmans sont soumis à des campagnes persistantes de terreur silencieuse, le tout prenant forme de violences bruyantes, comme c’est le cas actuellement au Royaume-Uni. C’est là que réside le véritable sommet de l’iceberg.

    Le gouvernement britannique avait déjà mis en place une commission de lutte contre l’islamophobie en 2011, mais cette commission n’a tenu aucune réunion depuis 2020, malgré l’augmentation de l’antisémitisme. Les politiciens continuent d’offrir des discours populistes, rivalisant pour gagner les faveurs d’une population qui, dans l’ensemble, a une vision négative envers l’Islam.

    Représentation médiatique et stéréotypes

    Depuis le 7 octobre, les médias européens et britanniques renforcent une narration selon laquelle les combattants du Hamas ont violé des femmes israéliennes et décapité des enfants. L’image de la décapitation trouve des résonances dans l’imaginaire européen, nourrie par des stéréotypes profondément ancrés sur l’Arabe. Dans ce contexte, le Centre de surveillance des médias a collecté environ 180 000 vidéos de sept chaînes de télévision britanniques et trois chaînes internationales, ainsi que 26 000 articles de 28 sites d’information britanniques, et a trouvé 361 vidéos liées à des décapitations d’enfants.

    Ces clips ont présenté l’histoire des décapitations comme un fait avéré, sans que les reporters ne signalent le manque de sources fiables. Cette narration a tapissé l’imaginaire occidental, enclin à croire à toute histoire brutale sur les Arabes et les musulmans.

    Conclusion de la couverture médiatique

    Au-delà de l’indignation, les récits persistent dans les réseaux sociaux. Lorsqu’un compte extrémiste prétend que les trois filles de Southport ont été tuées par un migrant musulman, peu d’interrogations émanent sur sa véracité. Les musulmans — Arabes le font encore, en mettant en avant la croyance éloignée qu’ils décapitent les gens qui ne les séduisent pas.

    Elon Musk a même tweeté que la guerre civile en Grande-Bretagne devenait inévitable, une remarque qui a entraîné une réponse forte du gouvernement britannique. En propulsant une narration accusant les Palestiniens de décapiter des enfants, les autorités devraient savoir que ce type de propagande est extrêmement dangereux, notamment dans un pays avec près de cinquante millions de musulmans.

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