La première phase des élections législatives organisées par la junte birmane, largement restreintes et critiquées à l’international, s’est achevée dimanche, près de cinq ans après un coup d’État militaire qui a plongé le pays dans une guerre civile.
La junte affirme que l’élection est libre et équitable, une position soutenue par Min Aung Hlaing qui a voté de bonne heure à Naypyidaw et assure que l’élection est organisée par l’armée, ce qui ne permet pas de ternir l’image du pays.

L’ancienne dirigeante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi est emprisonnée et son parti a été dissous après le coup d’État de février 2021.

Plusieurs pays occidentaux et défenseurs des droits humains ont condamné ce scrutin, dénonçant notamment la répression de toute opposition.
Le bureau birman de l’ONU a déclaré qu’il était essentiel que l’avenir de la Birmanie soit déterminé par un processus libre, équitable, inclusif et crédible.
Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (USDP), pro-militaire, devrait arriver largement en tête, ce que les critiques considèrent comme un moyen de pérenniser le régime.
Dans l’État Shan, Hman Thit, 23 ans, a déclaré que cette élection ne changerait pas la situation politique et que les frappes aériennes et les atrocités continueraient.
Dans le canton Zabuthiri, Thida Hlaing, 56 ans, femme au foyer, a fait la queue avec trois membres de sa famille pour accomplir son devoir et a montré son doigt encré, « Je suis venue de mon plein gré », a-t-elle ajouté, fière de l’encre sur son doigt et d’un espoir de pays pacifique et stable.
Contexte politique
Depuis son indépendance en 1948, l’armée dirige la Birmanie, sauf d’un interlude démocratique entre 2011 et 2021, qui avait suscité des réformes et de l’espoir pour l’avenir du pays d’Asie du Sud-Est.
Mais lorsque la Ligue nationale pour la démocratie (LND) a largement devancé les candidats proches des militaires lors des élections de 2020, le général Min Aung Hlaing s’est emparé du pouvoir, invoquant une fraude électorale généralisée.
Âgée de 80 ans, Aung San Suu Kyi purge une peine de 27 ans de prison pour plusieurs condamnations allant de la corruption à la violation de règles anti-Covid.
Kim Aris, fils de Suu Kyi, réside actuellement au Royaume‑Uni.
Selon le Réseau asiatique pour des élections libres, 90% des sièges avaient été remportés en 2020 par des partis qui ne figuraient pas sur les bulletins de 2025 après avoir été dissous par l’armée.
La deuxième phase du scrutin doit avoir lieu dans deux semaines, suivie d’une troisième et dernière le 25 janvier.
Le déroulement du scrutin et ses répercussions sont suivis de près par la communauté internationale, qui demeure divisée sur l’avenir démocratique du pays.