Le Parti libéral-démocrate (PLD) et son allié Ishin pourraient remporter une majorité des deux tiers à la Chambre des représentants lors des élections législatives japonaises, selon les premières évaluations des médias locaux. Si ces projections se confirment, il s’agirait du meilleur score du PLD depuis 2017 et permettrait à la formation de détenir plus de 300 sièges sur 465, retrouvant ainsi la majorité absolue perdue en 2024. Les résultats officiels ne devraient être connus que lundi.
L’alliance d’opposition centriste réformiste, comprenant le Parti démocrate constitutionnel (CDP) et l’ancien partenaire du PLD, Komeito, pourrait perdre une grande partie de ses sièges, estimations à l’appui. Le parti Sanseito, opposé à l’immigration, pourrait obtenir entre 5 et 14 sièges, contre deux actuellement.
Le secrétaire général du PLD, Shunichi Suzuki, a affirmé que les électeurs avaient soutenu des politiques budgétaires responsables et le renforcement des capacités de défense, après l’annonce des premiers chiffres.
Mme Sanae Takaichi a promis samedi soir une politique budgétaire « responsable » et une économie « forte et résiliente ». Elle a détaillé un plan de relance supérieur à 110 milliards d’euros et proposé d’exempter les produits alimentaires de la taxe à la consommation de 8 %, afin d’atténuer l’impact de la hausse du coût de la vie. L’inflation demeure une préoccupation majeure, avec des prix en hausse dépassant les 2 % depuis près de trois ans.
La dirigeante de 64 ans est particulièrement soutenue par les jeunes et a suscité un regain d’élan au sein du PLD, parti au pouvoir quasi sans interruption. Ses positions sur l’immigration, décrites comme plus strictes, s’accompagnent d’un appel à « pousser le bouton de la croissance » et d’une orientation résolue en matière de sécurité.
Sur la scène internationale, les tensions avec Pékin restent présentes: Takaichi avait laissé entendre que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan, ce qui a alimenté les inquiétudes, les analystes soulignant que ces propositions avaient aussi influé sur sa popularité. Le 19 janvier, la dissolution de la Chambre basse avait déclenché une campagne-éclair de 16 jours.