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    Étudiante turque libérée après détention : un combat pour la justice

    Turquie, États-Unis

    Étudiante turque de Tufts libérée après six semaines de détention aux États-Unis

    Rumeysa Ozturk, doctorante turque à l’Université Tufts, est rentrée à Boston après avoir passé plus de six semaines dans un centre de détention pour immigrés en Louisiane. Ses avocats dénoncent une répression politiquement motivée visant la liberté d’expression.

    À son arrivée à l’aéroport international Logan de Boston, elle a confié aux journalistes son soulagement de pouvoir reprendre ses études après cette période « très difficile ». Elle a déclaré : « Durant les 45 derniers jours, j’ai perdu à la fois ma liberté et mon éducation, à un moment crucial de mes études doctorales. Mais je suis profondément reconnaissante pour tout le soutien, la gentillesse et l’attention reçus. »

    Décision judiciaire et contexte de la détention

    Un juge fédéral a ordonné vendredi sa libération en attendant une décision finale sur sa plainte pour détention illégale. Rumeysa Ozturk, âgée de 30 ans, a été arrêtée le 25 mars en Massachusetts par les autorités d’immigration, qui ont annulé son visa étudiant avant de la transférer en Louisiane.

    Selon ses soutiens, elle aurait été ciblée en raison d’un article d’opinion qu’elle a coécrit dans le journal étudiant, appelant l’Université Tufts à reconnaître la guerre d’Israël contre Gaza comme un génocide. Cette accusation fait l’objet d’une procédure en cours devant la Cour internationale de Justice.

    Soutiens et réactions politiques

    Ozturk a été accueillie à sa sortie par ses avocats ainsi que par deux membres démocrates du Congrès du Massachusetts, le sénateur Edward Markey et la représentante Ayanna Pressley.

    • Le sénateur Markey a salué son courage : « Aujourd’hui est un jour formidable où nous te souhaitons la bienvenue, Rumeysa. Tu as rendu fiers des millions d’Américains par ta lutte. »
    • La représentante Pressley a dénoncé les conditions d’incarcération qualifiées de « sordides et inhumaines », ainsi que le refus de soins médicaux adéquats malgré la détérioration de son asthme.

    Conditions de détention et atteintes aux droits

    Dans une audience par visioconférence, Ozturk a évoqué sa santé déclinante, notamment des crises d’asthme sévères en détention. Elle souhaite poursuivre sa thèse portant sur les enfants et les réseaux sociaux.

    Le juge fédéral William Sessions lui a accordé une caution, estimant qu’elle ne représentait ni un risque de fuite ni un danger pour la société. Il a souligné que sa détention posait de graves questions constitutionnelles, notamment sur le respect de la liberté d’expression et du droit à une procédure régulière.

    Une pratique dénoncée sous l’administration Trump

    Le cas d’Ozturk illustre une pratique devenue courante sous l’administration Trump : l’arrestation d’étudiants étrangers et la révocation de centaines de visas étudiants, souvent pour leurs opinions pro-palestiniennes.

    Mahmoud Khalil, un autre étudiant qui a mené des manifestations contre la guerre israélienne à l’Université Columbia, a été arrêté dès le 8 mars et reste en détention.

    Les autorités américaines ont été accusées de confondre critiques d’Israël et antisémitisme. Le Département de la Sécurité intérieure a, sans preuve, accusé Ozturk de soutenir le Hamas, organisation qualifiée de « terroriste » par les États-Unis.

    Un combat pour la justice et la liberté d’expression

    Rumeysa Ozturk nie toute accusation et affirme son intention de poursuivre sa bataille judiciaire. Elle affirme avoir « confiance dans le système judiciaire américain ». Son dossier se poursuit au Vermont, tandis que les audiences en immigration se tiennent séparément en Louisiane, où elle pourrait participer à distance.

    Des vidéos de son arrestation, montrant des agents en civil masqués l’emmenant dans une rue de Somerville, dans la banlieue de Boston, ont suscité une onde de choc sur les campus américains.

    Ses avocats de l’Union américaine pour les libertés civiles ont dénoncé une arrestation et une détention visant illégalement à la punir pour une parole protégée par le Premier Amendement de la Constitution et à décourager toute prise de parole similaire.

    Ayanna Pressley a résumé : « L’expérience de Rumeysa n’est pas qu’un acte de cruauté. C’était une tentative délibérée et coordonnée d’intimidation, pour instiller la peur et envoyer un message glaçant à tous ceux qui osent dénoncer l’injustice. »

    source:https://www.aljazeera.com/news/2025/5/11/turkish-student-rumeysa-ozturk-says-she-will-continue-to-pursue-her-case

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