« Du cœur de Gaza, et de la terre bénie de Jérusalem et de ses alentours, nous saluons le peuple syrien fier, ainsi que ses foules sorties pour soutenir la résistance, Al-Aqsa et les prisonniers », a écrit le porte-parole, dans une prise de parole relayée par les médias du mouvement.
Il a également répondu directement aux manifestants syriens, affirmant : « Votre voix nous est parvenue, nous sommes fiers de vous, et nos espoirs reposent, après Dieu, sur vous et sur tous les libres. » Dans son message, Abou Obeida a insisté sur le rôle des peuples arabes et musulmans dans la bataille de la « libération », estimant que ces mobilisations s’inscrivent dans un combat plus large autour de Jérusalem et des détenus palestiniens.
« Nous sommes convaincus que les foules de notre nation se rejoindront un jour pour tracer leur chemin vers la libération du lieu de prière et des prisonniers », a-t-il ajouté, en référence au lien symbolique entre la mosquée Al-Aqsa et la cause des prisonniers palestiniens.
Des rassemblements dans plusieurs villes syriennes
En Syrie, plusieurs gouvernorats ont été le théâtre de mobilisations populaires d’ampleur, entre sit-in et manifestations massives. Les participants ont exprimé leur solidarité avec les prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes et ont rejeté la loi prévoyant la peine de mort contre les détenus palestiniens, récemment approuvée par la Knesset.
À Damas, une manifestation organisée devant le siège du Haut-Commissariat a rassemblé des dizaines de personnes. Les slogans lancés sur place dénonçaient les violations israéliennes et la situation à Jérusalem, avec des formules comme : « Où es-tu, Saladin ? Ils nous massacrent en Palestine. »
Plusieurs participantes ont insisté sur la dimension morale et humaine de ces mobilisations. L’une d’elles a déclaré que la présence des manifestants était « une tentative sérieuse, morale et humaine nécessaire » pour arrêter ce qui se passe, ajoutant qu’elle ne croyait pas qu’un autre peuple puisse ressentir la douleur des Palestiniens comme le peuple syrien, en particulier les mères de prisonniers.
Une autre participante a établi un parallèle entre la brutalité des prisons israéliennes et les souffrances endurées par les Syriens sous l’ancien régime. « Notre rassemblement vient en refus de l’exécution des prisonniers palestiniens ; nous ne voulons pas d’un nouveau Sednaya, nous n’avons pas souffert pour revenir à l’injustice », a-t-elle affirmé.
La colère contre la loi sur la peine de mort et la fermeture d’Al-Aqsa
La contestation s’est concentrée sur les nouvelles mesures israéliennes visant les prisonniers palestiniens, mais aussi sur la fermeture prolongée de la mosquée Al-Aqsa. Un manifestant a expliqué que le rassemblement, organisé devant le siège de la Commission des droits de l’homme à Damas, répondait à deux sujets qu’« on ne peut pas passer sous silence » : la question des prisonniers et la fermeture du lieu saint pendant 32 jours.
Un autre participant a résumé le motif de la mobilisation en quelques mots : « Nous sommes venus ici pour refuser la loi d’exécution des prisonniers. » Ces prises de parole s’inscrivent dans un climat de forte tension autour des décisions votées lundi par le Parlement israélien.
Ce jour-là, la Knesset a adopté définitivement, en deuxième et troisième lectures, un projet de loi prévoyant la peine de mort contre les prisonniers palestiniens. La mesure a suscité de larges condamnations arabes et internationales, alors que les autorités israéliennes sont également accusées de maintenir fermée la mosquée Al-Aqsa.
Selon les informations rapportées depuis Jérusalem, Israël a complètement fermé l’esplanade, invoquant la prévention des rassemblements, depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran le 28 février dernier. Les autorités ont aussi empêché la tenue de la prière de l’Aïd al-Fitr, une première depuis l’occupation de Jérusalem-Est en 1967.
Malgré les protestations de plusieurs pays arabes et musulmans, Israël continue de refuser la réouverture du lieu aux fidèles, alimentant une nouvelle vague d’indignation dans la région. Les mobilisations syriennes viennent ainsi s’ajouter à une série de gestes de solidarité qui relient, dans un même élan, Al-Aqsa, les prisonniers palestiniens et la rue arabe.