La SNCF a proposé mardi une augmentation moyenne des salaires de ses 140 000 cheminots de 2,56 % pour 2026, au‑dessus de l’inflation attendue pour l’année. Cette proposition prévoit aussi des primes et des mesures liées à l’ancienneté.

Les quatre syndicats représentatifs disposent jusqu’au 27 janvier pour signer ou non l’accord proposé par la direction du groupe. Pour mettre en œuvre le dispositif, la direction exige l’assentiment d’au moins deux centrales représentatives sur quatre: CGT, Unsa, Sud-Rail, CFDT.
Détail: l’augmentation de 2,56 % comprend une hausse générale de 0,5 %, appliquée en deux temps, soit 0,25 % en juillet et 0,25 % en octobre, complétée par des mesures individuelles.
Augmentation liée à l’ancienneté: la SNCF annonce aussi la création en 2026 d’une GPSA (garantie de progression salariale annuelle) qui lisse les progressions d’échelon par l’ancienneté, afin que chaque salarié bénéficie chaque année en décembre d’une augmentation liée à son ancienneté. Pour 100 000 cheminots n’atteignant pas un nouvel échelon cette année, la GPSA prévoit au minimum +0,6 % d’augmentation ancienneté chaque année en décembre, selon Philippe Bru, le directeur des ressources humaines.
Par ailleurs, le groupe annonce une prime de partage de la valeur de 650 € en 2026. Les 400 € versés en décembre 2025 sont intégrés à ce dispositif et le solde de 250 € sera versé en mars. À cela s’ajoute une prime d’intéressement moyenne de 1 100 €, versée en mai, soit un total de 1 750 € en prime de participation pour l’année.
Réactions: pour la CGT et Sud-Rail, « le compte n’y est pas ». Cédric Robert (CGT) estime que « les propositions ne sont pas à la hauteur; deux augmentations générales de 0,25 % en juillet et en octobre équivalent à environ 0,2 % par mois sur l’année 2026 ». Fabien Villedieu (Sud-Rail) ajoute que « les 400 € de prime de partage de la valeur versés en décembre 2025 n’étaient pas une prime anticipée pour 2026; au regard des bénéfices attendus, ce n’est franchement pas à la hauteur ».
Autres éléments: les résultats 2025 seront connus fin février; au premier semestre, le bénéfice net a été multiplié par six, atteignant 950 millions d’euros, porté par la hausse du trafic et l’engouement des voyageurs pour le train post‑Covid. Les représentants évoquent aussi les huit années de gel des salaires dans les années 2020 et réclament notamment un treizième mois pour tous et une grille salariale unique.