Générations Futures alerte sur une pollution de l’eau potable dans les Hauts-de-France due au fluopyram. Dans une communication publiée cette semaine, l’ONG affirme que 83 000 habitants sont concernés par des teneurs non conformes sur une période d’observation d’un an ou plus, réparties sur 17 unités de distribution et 46 communes du Pas-de-Calais, de la Somme et du Nord. « Au total, ce sont plus de 83 000 personnes qui sont alimentées par une eau non conforme au fluopyram depuis plusieurs mois, voire depuis une année pour certaines communes » selon Générations Futures. Néanmoins, les autorités rappellent que ces dépassements ne signifient pas nécessairement un risque sanitaire et que les seuils varient selon les substances et les méthodes de mesure. La situation suscite des appels à réévaluer les autorisations des produits à base de fluopyram et à renforcer les contrôles sur les pesticides dans l’eau.
Hauts-de-France: dépassements du fluopyram dans l’eau potable concernent 30 communes
Dans ces communes, la teneur en fongicide dépasse 0,1 µg/L, selon des mesures officielles compilées et diffusées par l’ONG sur le site dansmoneau.fr, visant à faciliter l’analyse. « Dans ces communes, la teneur en fongicide dépasse 0,1 µg/L, selon des mesures officielles, compilées et diffusées par l’ONG sur le site, dansmoneau.fr, visant à en faciliter l’analyse. » Selon Générations Futures, la concentration en fluopyram dépasse 0,142 µg/L dans 10 unités de distribution alimentant 30 communes et 10 438 personnes. L’Agence régionale de santé des Hauts-de-France précise qu’une unité n’alimente pas le robinet, ce qui peut faire varier le chiffre et qu’un travail avec l’Anses est en cours pour établir une valeur maximale (Vmax). Le fluopyram est décrit par l’ONG comme « fait partie de la famille chimique des PFAS » et « se dégrade lentement en TFA », un « polluant éternel » omniprésent dans l’environnement.

Réactions des autorités et positions de l’ONG
Selon l’ARS des Hauts-de-France, l’une des unités ne fournit pas d’eau du robinet, ce qui ajuste le périmètre des 30 communes évoquées par l’ONG. Elle rappelle que l’impact sur la santé du fluopyram, qualifié de « polluant émergent », n’est pas encore établi et qu’aucun taux maximal dans l’eau n’a été fixé à ce stade. L’ARS a saisi l’Anses pour établir une valeur maximale (Vmax). Début 2025, le HCSP a élevé la limite à 0,142 µg/L en raison d’incertitudes liées aux méthodes de mesure, une information reprise par Générations Futures qui affirme que la concentration dépasse cette valeur dans 10 UDI et 30 communes, soit 10 438 personnes.
Pour Pauline Cervan, toxicologue de l’ONG, ces mesures constituent « une énième illustration des conséquences de l’usage intensif de pesticides et de l’inaction des pouvoirs publics » pour protéger l’eau. Elle déplore aussi que « les techniques en place » soient « le plus souvent insuffisantes pour traiter les pesticides ». Selon l’ARS, l’évaluation faite par l’EFSA en 2013 n’a pas montré de potentiel génotoxique, ni d’effet sur la fertilité, ni d’effet tératogène ou neurotoxique pour le fluopyram, et il n’est pas considéré comme une substance cancérogène avérée. Les autorités travaillent toutefois à clarifier les seuils et les mesures à prendre.

Cadre réglementaire et enjeux pour l’avenir de l’eau
Le fluopyram est classé comme « PFAS » par Générations Futures et « se dégrade lentement en TFA », ce qui en fait un « polluant éternel » omniprésent dans l’environnement. Générations Futures appelle à « réévaluer les autorisations des produits à base de fluopyram ». La DGS rappelle la prudence lorsque les valeurs dépassent 0,1 µg/L et le HCSP a relevé début 2025 la limite à 0,142 µg/L en raison d’incertitudes liées aux méthodes de mesure. L’ARS précise que les investigations sont en cours et que les autorités échangent avec les responsables des réseaux d’eau et les partenaires pour trouver des solutions rapides afin d’éviter des restrictions supplémentaires.