Un tribunal de Hongkong a condamné Jimmy Lai, entrepreneur et fondateur du quotidien prodémocrate Apple Daily, à une peine totale de 20 ans de prison pour collusion avec l’étranger et publication séditieuse. Cet arrêt a été rendu après un procès largement suivi par des groupes de défense des droits humains, qui estiment qu’il marque un tournant brutal pour la liberté de la presse dans la région.

Ce jugement s’inscrit dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin après les manifestations prodémocrate de 2019. Cette loi prévoit des peines allant de dix ans à la réclusion à perpétuité lorsque la gravité des faits est avérée, notamment en cas de collusion ou de publication de contenus jugés séditieux.
Dans un verdict de 856 pages, les juges ont écrit que l’homme de 78 ans avait « nourri sa rancœur et sa haine envers la Chine » et avait cherché à « renverser le Parti communiste chinois » au cours de sa vie adulte.
Lai, qui détient un passeport britannique, est en détention depuis 2020 et demeure isolé, selon les autorités, mais sa famille s’inquiète pour sa santé.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a déclaré avoir évoqué ce dossier lors d’entretiens avec le président chinois Xi Jinping à Pékin le mois passé, tandis que les États‑Unis et d’autres défenseurs des droits humains ont appelé à sa libération. Des organisations comme Amnesty International et le Comité pour la protection des journalistes ont dénoncé une atteinte à la liberté de la presse et qualifié le procès de mascarade.
Reporters sans frontières a souligné que le verdict s’inscrivait dans l’avenir de la liberté de la presse à Hongkong. Pékin a rejeté les critiques et les autorités de Hongkong ont affirmé que cette affaire n’avait « rien à voir avec la liberté d’expression ou de la presse ».