Des drones ont frappé pour le deuxième jour consécutif la plus grande raffinerie du Koweït, Mina al-Ahmadi, alors que l’Iran a lancé une offensive étendue visant les infrastructures énergétiques du Golfe. Les explosions ont également retenti au-dessus de Téhéran au moment où le pays célébrait le Nouvel An persan, intensifiant une escalade militaire qui affecte déjà les marchés de l’énergie et la sécurité régionale.
Frappes sur la raffinerie de Mina al-Ahmadi
Les incendies ont touché plusieurs unités de la raffinerie de Mina al-Ahmadi, qui traite environ 730 000 barils par jour. Les autorités koweïtiennes ont indiqué que plusieurs unités avaient été mises à l’arrêt, sans faire état de victimes dans l’immédiat.
Les forces armées du Koweït ont précisé que leurs systèmes de défense aérienne interceptaient activement des missiles et des drones entrants. L’attaque Iran Koweït raffinerie intervient au moment où la population célébrait l’Aïd al-Fitr, rendant l’incident d’autant plus sensible sur le plan symbolique et social.
Une campagne iranienne visant les infrastructures du Golfe
Les frappes s’inscrivent dans une campagne plus large attribuée à l’Iran en représailles à une attaque sur le gisement gazier de South Pars, la principale source de gaz national du pays, qui couvre environ 80 % des besoins intérieurs.
Les Gardiens de la révolution ont déclaré avoir visé des forces américaines sur la base d’al-Dhafra ainsi que des sites à l’intérieur d’Israël. Parallèlement, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont signalé des menaces de missiles et de drones, et l’Arabie saoudite a indiqué avoir intercepté et détruit plus d’une douzaine d’appareils en l’espace de deux heures.
dégâts sur le marché mondial de l’énergie
Parmi les impacts les plus lourds figure le terminal de gaz naturel liquéfié de Ras Laffan au Qatar, gravement endommagé, ce qui a effacé près de 17 % de l’offre mondiale de GNL. Les responsables qataris estiment des pertes annuelles de recettes de l’ordre de milliards de dollars et préviennent que les réparations pourraient prendre plusieurs années.
La fermeture du détroit d’Ormuz et la perturbation des flux d’hydrocarbures ont provoqué une forte hausse des prix de l’énergie et commencé à peser sur des chaînes d’approvisionnement critiques, entraînant déjà des mesures de rationnement et des réductions d’horaires dans plusieurs pays asiatiques.
Nouvel épisode d’escalade entre Israël et l’Iran
Au même moment, Israël a reconduit des frappes contre des cibles en Iran, des explosions ayant été entendues à Téhéran pendant Nowruz. Les sirènes ont retenti en Israël après un second barrage iranien en l’espace d’une heure, les systèmes de défense poursuivant leurs tentatives d’interception.
Le ministère israélien a dénoncé une « attaque contre les lieux saints » de Jérusalem après un impact près des murailles de la vieille ville, sans qu’il soit clair si les dégâts résultaient d’un missile ou d’une interception. Les tensions ont également débordé vers la Syrie, Israël affirmant avoir frappé des infrastructures en réponse à des attaques visant la communauté druze dans le sud du pays.
Victimes et déplacement de populations
- Plus de 1 300 personnes tuées en Iran depuis le début du conflit.
- En Israël, une quinzaine de morts attribués aux tirs iraniens ; quatre personnes tuées en Cisjordanie occupée lors d’une frappe.
- Au Liban, les frappes contre le Hezbollah ont, selon le gouvernement libanais, entraîné plus d’un million de déplacés et plus de 1 000 morts ; Israël annonce avoir tué plus de 500 combattants du Hezbollah.
- Au moins 13 membres des forces militaires américaines ont été tués dans le cadre des hostilités régionales.
Signes d’une escalade durable
Les déclarations publiques montrent une détermination de part et d’autre : Téhéran a averti que les frappes sur les infrastructures ne représentaient « qu’une fraction » de ses capacités et a menacé de « zéro retenue » en cas d’atteinte à ses propres installations énergétiques. De son côté, Israël affirme avoir mené des actions préventives et continue d’ajuster sa stratégie en fonction des demandes et des pressions internationales.
Les dirigeants du Golfe tentent de préserver une posture de calme alors que la situation paraît tendre vers un point de rupture, avec des répercussions économiques et humanitaires qui dépassent désormais la seule région et touchent les marchés mondiaux.