Le chanteur Julio Iglesias a demandé le classement sans suite de la plainte déposée en Espagne par deux anciennes employées pour agressions et harcèlement sexuel. Dans un document transmis à l’Audience nationale, son avocat affirme que la justice espagnole n’est pas compétente et que les faits dénoncés se seraient produits hors d’Espagne, notamment en République dominicaine et aux Bahamas. Des descriptions évoquent des abus de pouvoir et des éléments pouvant être qualifiés de viols. Amnesty International et Women’s Link Worldwide accompagnent les plaignantes et prévoient de les entendre prochainement, afin d’éclairer la question de la compétence juridictionnelle dans ce dossier. « Le ministère public (…) doit déclarer, sans autre formalité, l’absence de compétence juridictionnelle espagnole pour les faits dénoncés, classer immédiatement l’enquête préliminaire et mettre fin à la campagne médiatique causant un grave préjudice à la réputation » du chanteur de 82 ans, écrit José Antonio Choclán dans cet écrit adressé au parquet de l’Audience nationale, juridiction spécialisée dans les affaires sensibles à Madrid, et consulté par l’AFP.
Julio Iglesias demande le classement sans suite de la plainte
Deux anciennes employées avaient déposé plainte en Espagne le 5 janvier, assurant notamment avoir été victimes d’agressions sexuelles et de harcèlement sexuel de la part de Julio Iglesias, qui, selon elles, abusait de son pouvoir auprès d’employées souvent jeunes et en situation de précarité. L’une d’entre elles aurait aussi décrit aux médias ayant révélé l’affaire des faits pouvant être qualifiés de viols. L’avocat rappelle que les faits dénoncés se seraient produits entre janvier et octobre 2021 dans les résidences que M. Iglesias possède en République dominicaine et aux Bahamas, et non en Espagne. Il précise aussi que les plaignantes ne sont pas espagnoles et ne résident pas non plus en Espagne. Selon lui, les délits doivent selon lui être poursuivis sur le lieu de commission et, dans le cas où cela ne serait pas possible, pourraient être poursuivis en Espagne. Le parquet espagnol ne peut s’arroger un pouvoir unilatéral pour se transformer en procureur universel, les tribunaux espagnols non plus, et il n’est pas possible non plus qu’il soit accordé à la victime un droit d’option sur la juridiction qui lui serait la plus commode.

Cadre juridique et réactions
Les ONG Amnesty International et Women’s Link Worldwide, qui accompagnent les deux plaignantes, avaient expliqué que la plainte avait été déposée en Espagne parce que la législation y était plus favorable dans ce type d’affaires. Les plaignantes doivent prochainement être entendues par la justice espagnole, qui leur a accordé le statut de témoins protégés selon ces associations. L’affaire soulève des questions sur la localisation des faits et la compétence des juridictions, avec des positions qui divergent selon les sources.
