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    Le plan rwandais de la Grande-Bretagne inspire l’Europe

    Le plan rwandais de la Grande-Bretagne inspire l’Europe

    La nouvelle politique migratoire de l’UE

    L’Autriche s’efforce de promouvoir largement une nouvelle politique d’asile au sein de l’Union européenne, qui pourrait voir les demandes d’asile traitées dans des pays africains. Le ministre autrichien de l’Intérieur, Gerhard Karner, a évoqué cette idée lors d’une rencontre avec son homologue britannique à Vienne en novembre 2023.

    Après une réunion avec le Premier ministre britannique Rishi Sunak à Vienne en mai dernier, le chancelier autrichien Karl Nehammer a déclaré que l’Autriche pousserait pour une politique migratoire européenne permettant le traitement des demandes d’asile dans des pays africains, faisant référence au plan britannique d’envoyer les migrants illégaux au Rwanda pour y déposer leurs demandes d’asile.

    L’implication de l’Autriche

    Malgré des difficultés anticipées avant la mise en œuvre de ce type de procédures d’asile, le chancelier autrichien croit que cette mesure pourrait permettre à l’Union européenne de freiner les activités des passeurs.

    ![Sonaq et Nehammer en discussion à Vienne (Source: Française)](https://aljazeera.net/wp-content/uploads/2024/05/doc-34tf2zt-1717067918.jpg?w=770&resize=770%2C513)

    Autriche : cheffe de file

    L’Autriche se présente comme le fer de lance du soutien européen à l’approche britannique des politiques migratoires. Le chef du Parti de la liberté, Herbert Kickl, a affirmé que « les Autrichiens doivent redevenir maîtres chez eux », appelant le gouvernement à suivre les plans néerlandais qui prévoient, entre autres, une sortie de la politique d’asile et d’immigration de l’UE qu’il a qualifiée de « destructrice ».

    [Zieglby, une experte en migration du Conseil européen, a déclaré à Al Jazeera que l’idée de déplacer les migrants essayant d’atteindre le Royaume-Uni vers le Rwanda capte de plus en plus l’attention en Europe. Elle mentionne que cela concerne notamment des pays comme l’Italie, Chypre, la Grèce et Malte, qui sont en première ligne face à la migration.

    En plus de l’Autriche, 15 pays de l’UE soutiennent déjà l’approche britannique, y compris des États traditionnellement restrictifs en matière de migration comme la Hongrie et la Pologne, ainsi que des pays dirigés par des gouvernements de droite comme les Pays-Bas et l’Italie.

    Les partisans et les opposants de la politique

    La montée de l’extrême droite populiste pourrait donner un élan supplémentaire au plan britannique avant son lancement prévu en été 2024. Rishi Sunak a souligné que de nombreux autres États semblent désormais soutenir cette démarche audacieuse et nouvelle vers des partenariats sûrs avec les pays tiers.

    ![Nies Spahn parlement (Source: Reuters)](https://aljazeera.net/wp-content/uploads/2024/05/99-1715187540.jpg?w=770&resize=770%2C513)

    En Italie, un accord similaire a été signé avec l’Albanie pour la construction de centres de traitement des demandes d’asile. Contrairement au modèle britannique, les réfugiés acceptés pourront déménager en Italie. En Allemagne, sous pression du FDP libéral, le gouvernement a envisagé en 2023 de traiter les demandes d’asile via des entités externes en Afrique, mais cette idée n’a pas avancé.

    Le Danemark, pionnier de l’externalisation des demandes de visa, a adopté une loi en 2021 visant à envoyer les demandeurs d’asile hors d’Europe, et le Rwanda a été mentionné comme une destination. Cependant, le projet danois a été suspendu pour rechercher une réponse plus large au sein de l’UE.

    Décalage avec les accords de partenariat

    Ces plans se heurtent aux « accords de partenariat » de l’UE avec les pays d’Afrique du Nord, destinés à réduire les flux migratoires à travers la Méditerranée. Ces accords prévoient des aides financières et économiques pour améliorer la surveillance des frontières et empêcher les départs de migrants.

    La Tunisie, au cœur de ces accords, a plusieurs fois refusé toute proposition de réinstallation de migrants ou de construction de centres d’accueil sur son territoire. Des réactions similaires ont été observées en Mauritanie.

    Les réticences en Allemagne et en France

    Mis à part le soutien de l’Autriche, il est prématuré de pronostiquer un écho de la politique britannique en Allemagne et en France, les deux plus grands États de l’UE et les plus grands récepteurs de migrants. Lors de sa visite en Allemagne en mai, le président français Emmanuel Macron n’a pas fait référence à des politiques alternatives pour lutter contre l’immigration clandestine.

    ![Manifestation à Londres (Source: Européenne)](https://aljazeera.net/wp-content/uploads/2024/04/11954637-1713848439.jpg?w=770&resize=770%2C514)

    Malgré le soutien limité de l’Allemagne et de la France, la politique britannique pourrait encore inspirer un débat sur la migration à l’échelle européenne. Kelly Petillo note que « l’Allemagne, la France, et l’Espagne ne soutiennent pas cette initiative, ce qui signifie qu’il y a peu d’intérêt global, mais certaines nations continuent à considérer cette approche. »

    Selon Petillo, avec une augmentation de 70% des flux migratoires vers le Royaume-Uni après l’annonce du plan rwandais, « il est évident que la mesure ne fonctionne pas bien. Les gouvernements européens qui soutiennent ce modèle doivent être prudents quant aux répercussions négatives, notamment économiques et politiques. »

    Lancement de la politique britannique

    En avril 2024, après des mois de débats, le parlement britannique a adopté la loi sur le transfert des migrants au Rwanda. Les migrants arrivés sans visa seront envoyés au Rwanda pour traiter leurs demandes d’asile, sans retour possible en Grande-Bretagne.

    Cette initiative a attiré l’attention internationale et a suscité de nombreuses critiques, principalement de la part d’organisations de défense des droits humains et des Nations Unies. En dépit de la suspension par la cour suprême britannique en novembre 2023, la loi permet désormais aux ministres d’ignorer les mesures provisoires de la Cour européenne des droits de l’homme.

    Conséquences économiques et politiques

    La mise en œuvre de ce plan devrait permettre aux conservateurs britanniques d’améliorer leur image auprès des électeurs à la veille des élections parlementaires prévues cette année. Toutefois, des inquiétudes persistent quant aux coûts et aux répercussions à long terme sur la popularité du gouvernement.

    Kelli Petillo souligne que la perception des coûts potentiels par les contribuables britanniques pourrait compliquer la situation pour le gouvernement, en particulier à l’approche des élections.

    Tandis que la proposition est contestée, notamment par des experts des droits de l’homme et des groupes humanitaires, il est incertain que cette politique puisse résorber à elle seule les défis migratoires en Europe, insistant sur la nécessité d’une coordination et d’une réponse collective au niveau européen.

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