Les États-Unis ont officiellement déclaré que les Forces de Soutien Rapide (RSF) du Soudan ont commis un génocide durant la guerre civile en cours dans le pays, marquant ainsi la deuxième fois en moins de 30 ans qu’un génocide est perpétré au Soudan.
Déclaration d’Antony Blinken
Antony Blinken, le secrétaire d’État américain, a annoncé cette détermination mardi en imposant des sanctions au commandant des RSF, Mohammad Hamdan Daglo, connu sous le nom de Hemedti, pour son rôle dans ce qu’il a décrit comme des « atrocités systématiques », dont beaucoup ont été commises dans l’ouest du Darfour.
Contexte de la guerre civile
Bien que les RSF et les Forces Armées Soudanaises rivales aient été accusées de crimes de guerre depuis le début de la guerre civile en 2023, qui a fait des dizaines de milliers de morts, Blinken a détaillé un schéma de violence ethnique systématique. Les RSF ont ainsi tué des civils tentant de fuir et bloqué l’accès à des fournitures essentielles.
Enquête sur le génocide
Le secrétaire d’État a déclaré que le département d’État avait mené des mois de réflexion sur la désignation de génocide. « Sur la base de cette information, j’ai maintenant conclu que les membres des RSF et des milices alliées ont commis un génocide au Soudan », a affirmé Blinken.
Sanctions imposées
Les sanctions annoncées comprennent des restrictions de visa qui interdiront à Hemedti et à sa famille d’entrer aux États-Unis, en raison de « violations graves des droits de l’homme au Darfour, notamment le viol collectif de civils par des soldats des RSF sous son contrôle ».
Les États-Unis sanctionnent également sept entreprises appartenant aux RSF basées aux Émirats Arabes Unis, ainsi qu’un individu pour leurs rôles dans l’approvisionnement en armes pour les RSF.
Les conséquences du conflit
La guerre entre les RSF et les Forces Armées Soudanaises a jusqu’à présent causé la mort de dizaines de milliers de personnes et créé l’une des pires crises humanitaires au monde, exacerbant une famine de masse pour des centaines de milliers de personnes et forçant 12 millions de personnes à quitter leur domicile, selon les estimations de l’ONU.
Violations des droits de l’homme
Dans sa déclaration, Blinken a également affirmé que les RSF et les milices alliées ont systématiquement dirigé des attaques contre des civils, tuant des hommes, des garçons, et même des nourrissons sur une base ethnique. Ces milices ont également ciblé délibérément des femmes et des filles de certains groupes ethniques pour des viols et d’autres formes de violence sexuelle brutale.
Un appel à la responsabilité
Les États-Unis se sont engagés à tenir responsables ceux qui ont commis ces atrocités. Blinken a souligné que la détermination de génocide pourrait ouvrir la voie à d’autres actions internationales contre les RSF et ses partisans.