En entrant dans Chazay-d’Azergues, on ne peut manquer les façades des immeubles des Pierres Dorées, typiques du Beaujolais. Sur ces bâtiments s’étalent des panneaux « Non à l’urbanisation forcée ». Un collectif d’habitants porte cette contestation et a fait porter le slogan sur des T-shirts lors de rassemblements depuis l’été 2025. Le récit local est nourri par une mobilisation centrée sur la question du logement et de l’urbanisme.
La source de leur colère réside dans la préfecture du Rhône et dans les six projets immobiliers récemment autorisés dans la commune. Depuis deux ans, la mairie a perdu la possibilité de délivrer les permis de construire au bénéfice des services de l’État, faute d’atteindre les objectifs en matière de logements sociaux, malgré de nombreuses mises en demeure. Ce transfert de prérogatives s’explique par l’échec de la collectivité locale à répondre aux obligations réglementaires et par l’importance croissante du contrôle étatique sur les dossiers. L’affaire illustre une tension entre les niveaux de pouvoir et les exigences de mixité sociale et d’urbanisme.
En 2024, la commune comptait 4 270 habitants et ne disposait que de 10 % de logements sociaux, bien loin des 25 % requis par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) pour les communes de plus de 3 500 habitants. Cette insuffisance alimente les tensions locales et renforce les appels à accélérer les constructions et à clarifier les priorités publiques. Le mouvement citoyen observe les évolutions et réclame des réponses concrètes sur le logement social et l’aménagement du territoire.