Accueil ActualitéMilei et la stigmatisation des migrants : une réforme controversée

Milei et la stigmatisation des migrants : une réforme controversée

par Sara
Argentine

Le gouvernement argentin de Javier Milei a choisi une nouvelle cible pour ses mesures controversées : les étrangers. Lors d’une conférence de presse, son porte-parole, Manuel Adorni, a annoncé qu’il allait « impulser une série de modifications pour avancer vers un pays ordonné qui protège ses frontières et les Argentins ». Ce projet de loi, élaboré par la secrétaire de l’Intérieur, vise à modifier le régime migratoire pour redéfinir ce que signifie être résident et établir de nouveaux critères, notamment l’imposition de frais pour l’accès aux soins de santé et à l’éducation.

Critiques des réformes proposées

Nicolás Kreplak, ministre de la Santé de la province de Buenos Aires, a déclaré que les « mesures » annoncées manquent de compréhension du système et ne visent qu’à « provoquer, générer haine et ressentiment ». Pablo Ceriani Cernadas, membre du Comité des Nations Unies pour la protection des droits des travailleurs migrants, qualifie ces initiatives de « mesure populiste classique, inconstitutionnelle et discriminatoire ». Pour que ces mesures prennent effet, le gouvernement devra présenter le projet de loi au Congrès, soit lors de sessions extraordinaires, soit lors de la session ordinaire de l’année prochaine.

Types de résidence et frais pour les étudiants étrangers

Actuellement, il existe quatre types de résidence pour les étrangers en Argentine : la résidence précaire (90 jours), la résidence temporaire (un an), la résidence tempérée (trois ans) et la résidence permanente (sans date d’expiration). Le gouvernement souhaite que les universités commencent à facturer des frais aux étudiants étrangers non résidents. Adorni a déclaré que « les universités nationales pourront désormais demander des frais aux étudiants étrangers non résidents », ce qui pourrait constituer une source de financement pour les établissements d’enseignement.

Réactions des universitaires et des ministres

Guillermo Durán, doyen de la Faculté des sciences exactes de l’Université de Buenos Aires, a corrigé Adorni en affirmant qu’il n’existe actuellement « pas d’étudiants en condition de non-résidents » et que tous les étudiants étrangers doivent obtenir une résidence. Selon les données gouvernementales, les étudiants étrangers ne représentent que 4,1 % du total des étudiants universitaires. L’analyse de l’étude « Synthèse des informations statistiques universitaires 2022-2023 » montre que les frais perçus seraient minimes et n’auraient pas d’impact significatif sur le budget des universités.

Modifications dans le système de santé

Concernant le système de santé, Adorni a reconnu que ce sont les juridictions compétentes qui détermineront les conditions d’accès, y compris la possibilité de facturer des services aux étrangers non résidents. Kreplak a précisé : « Ne comptez pas sur la province de Buenos Aires, où les soins sont gratuits sur l’ensemble du territoire ». Il a également souligné que les idées de facturation des services pour réduire les coûts sont liées à un débat plus large sur le droit à la santé et le rôle de l’État.

Renforcement des critères d’entrée pour les étrangers

Le gouvernement de Milei a également décidé de durcir les critères de rejet pour l’entrée des étrangers dans le pays. Adorni a précisé que ce renouvellement de la législation migratoire sera « intégral », touchant les domaines de la santé, de la sécurité et de l’éducation. En ce qui concerne la sécurité, il a ajouté que la réforme inclura de nouveaux délits justifiant le refus d’entrée ou l’expulsion de migrants en situation irrégulière.

Soutien politique à la réforme

Patricia Bullrich, ministre de la Sécurité, a exprimé son enthousiasme pour ces annonces, affirmant que cela fait suite à un travail prolongé. Elle a soutenu fermement le projet de loi, en précisant que ceux qui souhaitent étudier en Argentine le pourront moyennant des frais, qui ne seront pas aussi élevés que ceux des universités privées. Bullrich a également mis en avant la possibilité d’expulsions rapides pour les étrangers commettant des délits, une initiative nécessitant des modifications des lois existantes.

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