La Ville de Montréal célèbre une victoire environnementale majeure en mettant fin à la distribution massive du Publisac, grâce à la renonciation judiciaire de Médias Transcontinental. Cette mesure, qui encadre désormais la distribution circulaire à Montréal, a permis une réduction significative des déchets publicitaires.

Un règlement qui change la donne pour la distribution circulaire à Montréal
Médias Transcontinental, qui distribuait autrefois le Publisac, a officiellement retiré sa poursuite contre le règlement municipal limitant la distribution à 800 000 circulaires par semaine. Ce désistement, confirmé début avril, intervient après l’adoption en 2022 du règlement municipal et l’introduction en mai 2023 de la nouvelle circulaire Raddar, plus écologique.
La Ville de Montréal souligne que cette nouvelle circulaire, pesant à peine 80 grammes contre 500 grammes pour le Publisac, ne comporte plus d’emballage plastique, ce qui contribue à une réduction importante des déchets.
Grâce à ce changement de modèle porté par la Ville, la quantité de matière résiduelle envoyée aux centres de tri a chuté de manière spectaculaire. La circulaire Raddar génère environ 3328 tonnes de papier recyclables annuellement, contre 20 800 tonnes pour le Publisac, incluant plus de 41,6 millions de sacs en plastique uniquement pour l’île de Montréal.
Une légitimité confirmée et un changement de paradigme écologique
Marie-Andrée Mauger, mairesse de Verdun et responsable de l’environnement au comité exécutif de Montréal, salue le retrait de Médias Transcontinental comme une reconnaissance claire de la validité du règlement. Elle affirme que « les modèles d’affaires axés sur la surproduction n’ont plus leur place en 2025 » et que la transition écologique impose des changements nécessaires pour éviter le gaspillage.
Le consentement des citoyens au cœur de la réglementation
Le règlement exige désormais que les circulaires ne soient distribuées qu’aux ménages ayant exprimé leur consentement via un autocollant visible sur leur boîte aux lettres. Cette mesure remplace l’ancien système où le Publisac était déposé à toutes les portes sauf celles indiquant « Pas de circulaires ».
La Ville de Mirabel avait déjà instauré une réglementation similaire en 2019, également contestée puis confirmée par la Cour d’appel du Québec, qui a jugé les bénéfices environnementaux supérieurs aux restrictions économiques imposées.
Cette nouvelle réglementation interdit aussi l’usage d’emballages plastiques, améliorant la qualité des matières envoyées au recyclage. Depuis, de nombreux sacs en plastique contaminant les ballots de papier ont disparu, ce qui facilite le tri et le recyclage.
Le succès de Montréal et Mirabel ouvre la voie à une possible interdiction des publicités massives de type Publisac dans l’ensemble du Québec, selon Marie-Andrée Mauger.
Les défis liés à la distribution par Postes Canada
Malgré ces avancées, la Ville de Montréal fait face à un défi : la distribution de la circulaire Raddar reste assurée par Postes Canada, qui continue de livrer ces publicités à toutes les adresses, sauf celles ayant explicitement refusé ce type de publication.
Chaque semaine, ce sont environ cinq millions de circulaires Raddar distribuées à travers le Québec et le reste du pays. La Communauté métropolitaine de Montréal a demandé à Postes Canada d’abandonner cette distribution systématique dans les 84 municipalités de son territoire, mais l’entreprise fédérale n’est pas soumise à la réglementation municipale.
Les postiers respectent toutefois les autocollants « Pas de circulaires » et Postes Canada propose aux citoyens de refuser le publipostage via le programme « Choix des consommateurs », en place depuis 25 ans.
Suite aux retours des postiers concernant le poids supplémentaire causé par les circulaires, Transcontinental a réduit le grammage de la circulaire Raddar pour limiter les risques liés à la santé et sécurité au travail des employés.